‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 3 sur 210 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

L'ABBE PYRMIL, seul, assis à la table en face du public.

Je suis forcé de le reconnaître, ici l'historien, s'élève à la hauteur des événements qu'il raconte. (Lisant.) « Ainsi mourut, à la Massoure, en bon gentilhomme, comme il avait vécu, le sire Alain de Penarvan, après avoir occis de sa main cent cinquante mécréants qu'au moment d'expirer, il offrit à Dieu pour la rançon de son âme! » — C'est tout simplement admirable! (il se lève et relit avec complaisance.) «Ainsi mourut, à la Massoure, en bon gentilhomme, comme il avait vécu, le sire Alain de Penarvan, après avoir occis de sa main cent cinquante mécréants. » — Cent cinquante mécréants... pour un Penarvan... (il corrige résolument et roprend.) « Après avoir occis de sa main trois cents mécréant-;... » — C'est mieux! « Trois cents mécréants, qu'au moment d'expirer,

il niirii à Dieu pour la rançon de son âme! • — El tout I»1 chapitre esl écril dans ce goûl '. (Sa frottant lea unir,,.) J'ose eBpérer que mademoiselle Renée ne sera pas mécontente il'' ce petit morceau. — Et, maintenant, passons aux exploits du sire Gautier. — Mes unie-, mes documents... (Il entasse devant lai li | iplers épara sur la table et d'antres qu'il tire de ses poches.) — Kncorc un, le sire

Gautier, qui n'j allai) pas de main morte ! L'épée et le bouclier

de la Bretagne! (Se tournant vers les portraits.) Quels lioinm"-!

quelle race! Et c'est à moi qu'était réservé l'honneur de retracer leurs grandes actions! — <t Histoire de la maison il'1 Penarvan, par l'abbé Pyrmil! »Mon nom, ,1e nom d'un pauvre abbé, indissolublement uni à celui de tous ces héros, vivra jusqu'à la fin des âges. . . « Par l'abbé Pyrmil ! . . . »'C'est à donner le vertige ! . . . Allons, mon sire Gautier, à nous deux!... Il faut qu'ici l'historien se surpasse lui-même; il faut qu'il soit tour à tour naïf et profond, parfois épique... et toujours véridique !... Écrivons! (u écrit à outrance tout en consultant ses notes.) C'est étonnant, j'ai acquis une facilité!.,, (il écrit et s'absorbe dans son travail.)

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