‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 89 sur 210 · M K MUETTE · texte numérisé non relu

M K MUETTE

Le malheureux !

MAXIME

Il croit toujours aussi que la justice est à sa poursuite ; et c'est ce qui vous explique ces déplacements continuels, ces brusques départs, ces fuites soudaines...

HENRIETTE

Oh! pardon, mon ami, pardon de mon égoïsme! Pardon de ne vous avoir pas encore remercié, à deux genoux, d'un dévouement...

MAXIME

Henriette !

HENRIETTE

Ah ! quand je songe à l'horrible existence que votre amitié vous a faite! Tant de longues heures, qui eussent été pour vous si rapides et si joyeuses, passées loin de votre pays, de vos amis, en face d'un malheureux, qui n'avait même pas conscience... Ah! que je vous ai plaint!... Que je vous ai plaint...

et que je VOUS bénis ! (Elle lui serre les mains avec effusion.) MAXIME.

Calmez-vous, de grâce!

HENRIETTE

Ah! vous avez dû bien souffrir!... oh! oui!

MAXIME. >

Je me ferais meilleur et plus fort que je ne le suis, si je vous disais que je ne me suis jamais senti défaillir sous le poids de ma tâche... Oui, plus d'une fois, j'ai pensé en être accablé... (Mouvement d'Henriette.) Mais vos lettres si reconnaissantes, si émues, venaient relever mon courage. Puis, est arrivée la grande nouvelle, que j'ai saluée, du fond de l'exil, comme un gage d'espoir et de salut... Mais cette ressem-

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