ACTE IV, SCENE ITÎ. lOT
DESTOURNELLES , à part.
Tant de grandeur d'àme '....C'est clair, elle est sûre de Bernard.
LA BARONNE
Venez donc, mon ami, le bonheur de nos enfants vous rondia au centuple les biens que vous aurez perdus. LE 3IARQUIS, la retenant.
Oh! certainement... Mais, croyez-vous, Baronîie, que nos enfants aient l'un pour l'autre une affection bien tendre?
DESTOURNELLES , baS.
Très-bien !
Ils s'adorent.
Vous croyez ?
J'en suis sûre.
LA BARONNE
LE MARQUIS
LA BARONNE
Eh bien ! moi, Baronne , après la scène de tantôt, j'en doute un peu.
LA BARONNE
Que voulez-vous dire '^
LE MARQUIS
Et puis, pensez-vous que dans les circonstances où nous sommeSj un tel mariage fût bien d'accord avec les besoins du siècle?
DESTOURNELLES
Bravo !
LA BARONNE
Les besoins du siècle !... Quel conte me faites- vous là?
LE MARQUIS
Voyez-vous, Baronne , j'ai mûrement réfléchi.
LA BARONNE
Vous?
LE MARQUIS
Je ne suis pas , Dieu merci , aussi léger, aussi frivole qu'on se plaît à le dire; Destournelles, qui n'est pas un sot, le reconnaissait tout à l'heure...
LA BARONNE, à fart
Où Yeut-il en venir ?
C'est vrai, monsieur le marquis me faisait part.;.
LE MARQUIS
Je lui cilijiis : Destournelles, nous sommes sur un \olran... Vous le disais-je, Destournelles?
DESTOURNELLES
En effet, monsieur le marquis.
LE MARQUfS.
Je ne suis pas le marquis de Carabas , moi,
DESTOURNELLES
Autres temps , autres mœurs !
LE MARQUIS
Allons au peuple
DESTOURNELLES
C'est cela : pour qu'à sou tour il vienne...
LE MARQUIS
Pour qu'à son tour il vienne à nous.
LA BARONNE, à part.
Je suis jouée. [Haut.) Marquis, regardez-moi en face. Vous avez résolu de marier votre fille à Bernard.
LE MARQUIS
Madame 1
DESTOURNELLES , bcts Qu Marquîs.
Pas de faiblesse !
Vous avez résolu de marier votre fille à Bernard.
LE MARQUIS
Moi?
LA BARONNE
Vousl .. Ainsi, monsieur le marquis, tandis que je me sacri-
fais au soin de vos intérêts, vous complotiez avec votre digne
conseiller de livrer à votre ennemi la fiancée de mon fils, vous
portiez un coup de Jarnac au champion qui combattait pour vous.
DF-STouîîNELLES, QU Margu'is.
Un coup de Jarnac!... souffrirez-vous?...
i.E MARons, c'toin'di.
Moi! [avec force] Eli bien! oui, Madame, c'est la vérité;