‹ ThéâtreChapitre 188 sur 254 · STURM, LA MARGRAVE, DOROTHÉK · texte numérisé non relu

STURM, LA MARGRAVE, DOROTHÉK

STURM, saluant.

Madame la margrave... Mademoiselle...

LA MARGRAVE

Qu'est-ce à dire, maître Sturm ? Personne dans les antichambres !... On entre ici comme dans une auberge.

STURM

Quand vous êtes entrée, madame, j'étais occupé à donner dos ordres...

LA MARGRAVE

C'est moi seule que ce soin regarde désormais.

STURM

Ahl

LA MARGRAVE

Ce château est mal tenu ; le perron est en ruine, le parc m'a semble négligé.

DOROTHÉE

Il est plein de mouches.

LA MARGRAVE

L'hei-be et les ronces poussent dans les allées.

STURM

Madame la margrave n'ignore pas que M. le comte était bizarre en tout. Il aimait à voir pousser en paix les grandes herbes et voulait qu'on respectât autour de lui ce qu'il appelait le travail du bon Dieu.

LA MARGRAVE

Esprit charmant ! belle àme que le ciel jaloux a trop tôt reprise à la terre ! — Sans plus tarder, maître Sturm, vous ferez sabler et ratisser les allées du parc... vous m'entendez?

STURM

Parfaitement, madame la margrave, parfaitement. ( A part.) C'est clair, c'est elle qui hérite.

LA MARGRAVE

M. le baron n'a point paru?

STURM

Pas encore, madame la margrave.

LA M ARGRAVE.

Que font là ces trois chaises ?

Ces trois chaises, madame la margrave, attendent de petites gens à qui M. le comte aura voulu faire quelque galanterie posthume... des artistes... des histrions... C'est le notaire qui les a convoqués.

LA MARGRAVE

Je devine... C'est bien !... laissez-nous, (sturm sort.)

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