‹ ThéâtreChapitre 253 sur 254 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

LE BARON

Vous 1(^ ?iivoz très-bien, mon fils... Ayez le courage de vos actes. Vous avez oni^aué tout à l'heure qu'on nous délivrât de cette odieuse bêle, el vous avez bien fait.

Est-ce vrai?

FRANTZ

Eh bien, oui. — Après ?

FRÉDÉRIQUE

0 mon Dieu !

SPIEGEL, lâchant nnlendant et tombaat sur un fauteuil à gauche.

Iiralué!...PauvreSpark!tu avais pourtant partagé sa misère; tu avais couché sur ses pieds l'hiver; tu étais heureux d'une de ses caresses ; tu lui étais aussi tendrement dévoué que moi ! mais il n'avait plus besoin de^toi... ; tu n'étais plus bon qu'à l'aimer... ; tu n'étais ni beau ni élégant... ; tu le gênais... comme moi... comme moil...

FRÉDÉRIQUE

Ne pleurez pas devant ces gens-là, Spiegel... ; ils riraient de votre douleur.

LE BARON

Pardon, belle demoiselle, je compatis... un chien qui donnait tant d'espérances!

SPIEGEL, se levant et passant au milien.

Ce n'est pas lui seulement que je pleure, monsieur, ce n'est pas lui seulement qui est mort; c'est l'amitié qui remplissait ma vie. (a Frantz.) Je crois tout de toi maintenant. Ce dernier trait a déchiré le voile que j'épaississais sur mes yeux, et je vois toute ton âme. 0 égoïste ! ô ingrat ! ô lâche I

FRANTZ

Spiegel !

SPIEGEL

Tais-toi! Je t'ai nourri, nourri de mon pain, de mon cœur, de mon espérance. J'ai fait de mon talent litière à ton génie... Si tu m'avais demandé mon sang, je te l'aurais donné! Et sache îout! je l'aimais, elle... Oui, je l'aimais comme lu n'es pas capable de l'avoir aimée un seul instant! Ce qui me donnait la force de te sacritier

ma vie, c'est qu'elle approuvait mon sacrifice, et qu'elle m'en payait par un regard. Eh bien, quand j'ai découvert qu'elle t'aimait, toil je t'ai pardonné ton bonheur et j'en suis resté le témoin. Et comment m'as-tu récompensé? Tu m'as amené au point de trouver un acre plaisir à te reprocher mes bienfaits!... Après m'avoir pris mon talent, m'avoir pris Frédérique, tu m'as pris ta gloire, le but et la consolation de tous mes sacrifices. Il me restait mon chien, tu me Tas ôté... Ah! tu devais pourtant bien sentir dans ton cœur que je n'avais pas d'autre ami ! Mais tu l'as tué pour te débarrasser de son maître... Sois content... je m'en vais.

FRÉDÉRIQUE

Nous nous en allons! Il y a longtemps que je me sens de trop icil Je vous connais aussi maintenant! mon amour a fini en même temps que l'amitié de Spiegel.

SPIEGEL

Noble fille ! (il lui prend la main.)

FRÉDÉRIQUE, à Frantz.

Restez dans votre fortune et votre noblesse; mais, je vous le dis, votre châtiment commence, votre triomphe sera votre supplice.

SPIEGEL

Regarde-nous bien, Frantz : c'est le bonheur qui sort de chez toi pour n'y plus rentrer. Garde mon tableau, accroche-îe dans ton alcôve; un jour, tes yeux se rempliront de larmes en s'y arrêtant ; mais il sera trop tard! adieu! Xeu^?., Frédérique.

FRANTZ

Arrêtez! Oui, c'est le bonheur qui s'en va... Reste, Frédérique; je ne t'ai rien fait, à toi!... Reste, je t'en supplie i... tu m'aimes encore?

FRÉDÉRIQUE

"S'ous êtes rayé de mon cœur. (Montrant spiegel.) Tout ce que j'aimais en vous n'existait qu'en lui. (a spiehei.) Tu étais sa bienfaisance, sa bonté, son enthousiasme... Toi parti, il n'a plus dame-

FRANTZ

Vous oubliez que je vous ai recueillie.

FRÉDÉRIQUE

Ce n'est pas vous, c'est lui ; je le comprends, maintenaak

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