SCENE XL GASTON, LE DUC
liB DUC , entrant, et frappant lur Tépanle de
Qu'as-tu donc?
GASTON
Tu sais ce que mon beau-père me demandait ce matm '.'
LE DUC
Eh bien ?
GASTON
Si on te disait que j'y consens?
LE DUC
Je répondrais que c'est impossible,
GASTON
C'est pourtant la vérité.
LE DUC
Es-tu fou? Tu le disais toi-même, s'il est un homme qui n'ait
pas le droit...
GASTON
Il le faut... Mon beau-père a ouvert une lettre de madame de Montjay ; dans sa colère, il voulait la porter chez son avoué, ^t, pour l'arrêter , j'ai dû me mettre à sa discrétion.
LE DUC
I*auvre ami ! dans quel abîme as-tu roulé 1
Ah ! si Pontgrimaud me tuait demain , quel service il me rendrait !
LE DUC
Voyons, voyons, pas de ces idées-là I
GASTON
Cela arrangerait tout.
LE DUC
Tu n'a=i que vingt-cinq ans, ta vie peut être belle encore.
GASTON
Ma vie?... Regarde où j'en suis : ruiné, esclave d'un beaupère dont le despotisme s'autorisera de mes fautes, mari d'une femme que j'ai blessée au cœur et qui ne l'oubliera jamais !... Tu dis que ma vie peut être belle encore !... Mais je suis dégoûté de tout et de moi-même!... Mes étourderies, mes sottises, mes égarements m'ont amené à ce point que tout me manque à la fois: la Hberté, le bonheur domestique, l'estime du monde et la mieime proprel... Quelle pitié !..•