SCENE XII
Les Mêmes, POIRIER, ANTOINETTE et VERDELET.
ANTOINETTE
Non , mon père, non, c'est impossible!... Tout est Fmi entre monsieur de Presles et moi !
verdelet.
Je ne te reconnais plus là , mon enfant.
poirier.
Mais puisque je te dis qu'il prendra une occupation ! qu'il ne reverra jamais cette femme ! qu'il te rendra heureuse !
ANTOINETTE
Il n'y a plus de bonheur pour moi 1 Si monsieur de Presles ne m'a pas aimée librement , croyez-vous qu'il m'aimera par contrainte?
POIRIER, au mwquia.
Parlez donc , Monsieur 1
ANTOINETTE
Monsieur de Presles se tait; il sait que je ne croirais pas à
ses protestations. Il sait aussi que tout lien est rompu entre nous, et qu'il ne peut plus être qu'un étranger pour moi... Reprenons donc tous les deux ce que la loi peut nous rendre de liberté.... Je veux une séparation , mon père. Donnez-moi cette lettre: c'est à moi, à moi seule, qu'il appartient d'en faire usage ! Donnez-la-moi !
POIRIER
Je t'en supplie, mon enfant , pense au scandale qui va nous éclabousser tous.
ANTOINETTE
Il ne salira que les coupables !
VERDELET
Pense à cette femme que tu vas perdre à jamaîs...-
ANTOINETTE
A-t-elle eu pitié de moi?... Mon père, donnez-moi cette lettre. Ce n'est pas votre fille qui vous la demande, c'est la marquise de Presle outragée.
POIRIER
La voilà... Mais puisqu'il prendrait une occupation...
ANTOINETTE
Donnez, (au marquis.) Je tiens ma vengeance, monsieur, elle ne saurait m'échapper. Vous aviez engagé votre honneur pour sauver votre maîtresse, je le dégage et vous le rends. (Eiie dé<iiire
la lettre et la jette au feu. )
POIRIEB.
Eh bien! qu'est-ce qu'elle fait?
Mon devoir !
VERDELET
Brave enfant ! (n rembrasse.)
LE DUC
Noble cœur!
GASTON
Oh! madame, comment vous exprimer?... Orgueilleux que