‹ ThéâtreChapitre 56 sur 254 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

mon gueux do gendre m'arrache mon enfant pour la torturer î (Asaflue.) Mais dïs douc quelque chose l... 'ça te regarde plus quo moi.

AICTOINETTE.

Je ne l'aime plus, Tony. Il a tué dans mon cœur tout ce qui fait l'amour.

Ahî

ANTOINETTE

Je ne le hais pas, mon père; il m'est indifférent, je ne le connais plus.

POIRIER

Ça me suffit.

VERDELET

Mais , ma pauvre Toinon , tu commences la. vie à peine. As-tu jamais réfléchi sur la destinée d'une femme séparée de son mari? T'es-tu jamais demandé?...

POIRIER

Ah! Verdelet, fais-nous grâce de tes sermons! Elle sera, pardieu, bien à plaindre avec son bonhomme de père qui n'aura plus d'autre ambition que de l'aimer et de la dorloter ! Tu verras, fifille, quelle bonne petite existence nous mènerons à nous deux... (Montrant Verdelet.) A nous trois ! car jo vaux mieux que toi, gros égoïste!... Tu verras comme nous t'aimerons, comme nous te câUnerons ! Ce n'est pas nous qui te planterons là pour courir après des comtesses!... Allons, faites tout de suite une risette à ce père... dites que vous serez heureuse avec lui.

ANTOINETTE

Oui , mon père , bien heureuse.

POIRIER

Tu l'entends , Verdelet ?

VERDELET

Oui, oui,

Quant à ton garnement de mari... tu as été trop bonne pour lui , ma fille... nous le tenions!... Enfin !.., Je lui '«orvirai une pension de m«ille écus, et il ira se faire pendre ailleurs.

ANTOINETTE

Ah ! qu'il prenne tout , qu'il emporte tout ce que je possède!

POIRIER

Non pas !

ANTOINETTE

Je ne demande qu'une chose , c'est de ne jamais le revoir.

POIRIER

Il entendra parler de moi sous peu... Je viens de lui décocher un dernier trait.

ANTOINETTE

Qu'avez- VOUS fait?

POIRIEB.

Hier, en te quittant, je suis allé avec' Verdelet chez mon

notaire.

ANTOINETTE

Eh bien?

POIRtrrR.

J'ai mis en vente le château de Presles, le château de messieurs ses pères.

Vous avez fait cela? Et toi, Tony, tu l'as laissé faire?

VERDELET, bas à Antoinett*.

Sois tranquille.

POIRIER

Oui, oui. La bande noire a bon nez, et j'espère qu'avant un mois, ce vestige de la féodahté ne souillera plus le sol d'un peuple libre. Sur son emplacement, on plantera des betteraves. Avec ses matériaux, on bâtira des chaumières pour l'homme utile, pour le laboureur, pour le vigneron. Le parc de ses pères, on le rasera, on le sciera en petits morceaux, on le brûlera dans la cheminée des bons bourgeois qui ont gagné de quoi acheter du bois. J'en ferai venir quelques stères pour ma consommalion personnelle.

ANTOINETTE

Mais il croira que c'est une vengeance...

POIRIEB.

aura raison.

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