ACTE 1, SCÈNE
MADAME ROUSSELIN, à droite^ assise devant une petite table.
Ici, près de moi, ciier vicomte! Approchez, monsieur Gruchet! Eti bien, a-t-on fini par découvrir un candidat? Que dit-on?
GRUCHET.
Une foule de choies, madame. Les uns...
ONÉSIME, lui coupant la parole.
Mon père affirme que monsieur Rousselin n'aurait qu'à se présenter...
MADAME ROUSSELIN, vivement.
Vraiment! c'est son avis?
ONÉSIME
Sans doute ! Et tous nos paysans qui savent que leur intérêt bien entendu s'accorde avec ses idées. ..
GRUCHET.
Cependant, elles diffèrent un peu des principes de 89!
ONÉSIME, riant aux éclats.
Ah! ah! ah! Les immortels principes de 89!
GRUCHET.
De quoi riez-vous !
ONÉSIME
Mon père rit toujours quand il entend ce mot-là.
CRUCHET.
Eh! sans 89, il n'y aurait pas de députés!
MISS ARABELLE
Vous avez raison, monsieur Gruchet, de défendre le Parlement, Lorsqu'un gentleman est là, il peut faire beaucoup de bien !
CRUCHET.
D'abord on habite Paris, pendant l'hiver.
MADAME ROUSSELIN
Et c'est quelque chose! Louise, rapproche-toi donc! Car le séjour de la province, n'est-ce pas, monsieur Murel, à la longue, fatigue?
M U REL, vivement.
Oui, madame!
Bas à Louise.
On y peut cependant trouver le bonheur!
GRUCHET.
Comme si cetle pauvre province ne contenait que des sots!
MISS ARABELLE, avec exaltation.
Oh ! non ! non ! Des cœurs nobles palpitent à l'ombre de nos vieux bois; la rêverie se déroule plus largement sur les plaines; dans des coins obscurs, peut-être, il y a des talents ignorés, un génie qui rayonnera !
Elle t'assied.