‹ Théâtre: Le candidat. Le château des cœursChapitre 160 sur 160 · UNE PERSONNE · texte numérisé non relu

UNE PERSONNE

Nous en avons tous.

LA FOULE

Tous ! tous !

PAUL, à demi-voix.

Mais ce serait épouvantable! C'est impossible!

DIXIÈME T^BLtAU, ScINI IV. 4{S

DOMINIQUE, has et d'une voix effrayie, en montrjni te camr, qui peu à peu grossit demeiureinent.

Maître ! maîlre! comme il grandit !.. comme il s'enfle !

LETOURNEU X, lurvenant toht à coup detnere Paul et lui frappant sur l'épaule.

Vous voudriez bien me le faire gober, celui -la ?

PAUL

Oui, oui !... Pardon pour ce tjue je vous ai fait.

Montrant le caur.

Prenez-le ! C'est la paix de la con>cience, le pouvoir du bien, l'intelligence de tout ce qui est beau ; le moyen de comprendre à la fois l'humanité, la nature et Dieu !

Letourneux sourit ironiquement, sani bouger.

Mais qui êtes-vous donc, pour rester insensible dans ^allégres^e de tou»? Dans quelle pierre ètes-vous taillé? Vous n'avez donc jamais aimé quelque chose, quelqu'un ? Vous n'avez donc rêvé jamais au bonheur de la posséder, au dé>espoir de le perdre ? Ah ! s'il ne fallait, p>our vou.> convaincre, que verser mon sang, retournera l'autre bout du monde, vous ser\'ir en esclave ! Un peu de pitié 1 grâce ! attendrissez-vous !... Prenez-le I

LETOURNEUX

Merci, ça gène trop !

PAUL

Adieu, Jeanne!... Oh! je suis maudit !... Je t'ai perdue !...

Le petit mur de la terrasse s'est levé, et l'escalier, devenu d'argent, a grandi. De chacun des vases de fleurs posés sur les marches est sortie une femme. Elles étendent leurs bras sur les épaules les unes des autres, de sorte que l'escalier semble avoir pour rampe une longue file de femmes vêtues de perles. On distingue en haut, enveloppée dans les nuages et sous les teintes laiteuses d'un clair de lune, la base du palais des Fées, couleur de nacre. Jeanne est en avant, sur la plateforme, au sommet de l'escalier. — Paul, en se retournant pour suivre du regard Letourneux qui s'éloigne, l'aperçoit, s'écrie ;

Jeanne ! . . .

et escalade, en courant l'escalier. — Pendant qu'il monte, son habillement disparaît pour un costume d'apothéose, tout en blanc, long manteau. Chaque marche, à mesure qu'il monte, exhale un son d'harmonica : succession de toutes les notes de la gamme. — Au moment où il va ouvrir les bras pour serrer Jeanne, la Reine des Fées apparaît auprès d'elle , avec toutes les Fées , qui sont un peu en arriére, à sa droite et à sa gauche; sur le péristyle du temple, lequel est maintenant plus éclairé, Paul s'arrête et recule.

Je n'ose avancer, ô Reine ! ma mission n'est pas finie. J'ai laissé le mal sur la terre.

LA REINE

Il lui en faut toujours un peu ! Tu n'en as pas moins mérité la récompense. Soyez heureux dans l'immortalité !

DOMINIQUE, tenant le eaur dam itt maint et te pied sur la première marche de reiealirr.

Et bien, et moi? et moi ? qu'est-ce que je vais devenir avec cette chai-gc-là ?

LA REINE

Valet (le cœur, «urveille ceux qui trichent, console ceux qui perdent !

Dominique est change en valet de caur. — Le eaur se place dans l'air, à sa gauche, sur un carre blanc, fait à sa taille, et qui lui sert de fond, tandis qu'une longue hanlerole se déploie dans les airs, portant, écrits en lettres lumineuses, ces mots :

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