ACTE III, SCENE I. II
qui enlèvent... comme : « fermer l'ère des révolutions, camarilla, droits imprescriptibles, virtuellement; » et beaucoup de mots en isme : « parlementarisme, obscurantisme!... »
Calmons-nous ! un peu d'ordre. Les électeurs vont venir, tout est prêt; on a constitué le bureau, hier au soir Le voilà, le bureau ! Ici, la place du Président.
// montre la table, au milieu.
Des deux côtés, les deux secrétaires, et moi, au milieu, en face du public!... Mais sur quoi m'appuierai-je? Il me faudrait une tribune! Oh! je l'aurai, la tribune! En attendant...
// va prendre une chaise et lu pose devant lui, sur la petite estrade.
Bien! et je placerai le verre d'eau, — car je commence à avoir une soif abominable, — je placerai le verre d'eau, là !
// prend le verre d'eau qui se trouve sur la table du Président^ et le met sur sa chaise.
Aurai-je assez de sucre?
Regardant le bocal qui en est plein.
Oui!
Tout le monde est assis. Le Président ouvre la séance; et quelqu'un prend la parole. Il m'interpelle pour me demander... par exemple... Mais d'abord qui m'interpelle? Où est l'individu? A ma
I l8 LE CANDIDAT.
droite, je suppose! Alors, je tourne la tête, brusquement!... Il doit être moins loin?
// va déranger une chaise, puis remonte.
Je conserve mon air tranquille, et, tout en enfonçant la main dans mon gilet... Si j'avais pris mon habit? C'est plus commode pour le bras! Une redingote vaut mieux, à cause de la simplicité. Cependant le peuple, on a beau dire, aime la tenue, le luxe. Voyons ma cravate?
Il je regarde dans une petite glace à main, qu'il retire de sa poche.
Le col un peu plus bas. Pas trop cependant; on ressemble à un chanteur de romances. Oh ! ça ira — avec un mot de Murel, de temps à autre, pour me soutenir! C'est égal ! Voilà une peur qui m'empoigne... et j'éprouve à l'épigastre. . .
// boit.
Ce n'est rien ! Tous les grands orateurs ont cela à leurs débuts! Allons, pas de faiblesses, ventrebleu! un homme en vaut un autre, et j'en vaux plusieurs! Il me monte à la tête... comme des bouillons ! et je me sens, ma parole, un toupet infernal !
« Et c'est à moi que ceci s'adresse, monsieur! » Celui-là est en face; marquons-le!
// dérange une chaise et la pose au tnilien.
B A moi que ceci s'adresse, à moi ! » Avec les deux mains sur la poitrine, en me baissant un peu.