‹ Théâtre légendaireChapitre 36 sur 74 · II II · texte numérisé non relu

II II

Couvrons-nous d'une mine austère Comme il montre une mine austère !

Pour mieux cacher notre langueur! Sa belle lui tient donc rigueur?

Mon amour est un pur mystère Son amour est un pur mystère

Que je garde au fond de mon cœur. Qu'il conserve au fond de son cœur.

GANTHELME.

Conte-nous un peu cette histoire!

Raymond, chacun de nous est libre mais discret.

BERNARD

Afin que ton amour remporte la victoire, Nous saurons t'aider en secret.

RAYMOND

Je ne l'ai vue, hélas! que de loin, dans un rêve; Autour d'elle, en parfums légers, flottait la sève D'un jardin non moins doux que l'Éden où fut Eve.

Elle a levé sur moi ses yeux,

Délicieux

Comme les cieux ; Et j'ai senti, sous leur caresse.

Une tendresse

Enchanteresse,

Je voulais lui parler, murmurer un aveu; Mais elle a disparu comme un divin mensonge. « Adieu! m'a-t-elle dit en souriant un peu; Adieu! pour moi l'amour ne doit être qu'un songe, Un songe triste et doux. Adieu! »

GANTHELME..

Et c'est là toute l'aventure?

BERNARD

Décidément, Raymond, tu te gausses de nous.

RAYMOND

Non, mes amis, je vous le jure!

J'aime sans espoir, à genoux, Une idéale créature Dont je suis séparé par les destins jaloux.

Musique à la cantonade. — Au fond, apparaît le cortège de la princesse Janelle.

lyS THÉÂTRE LÉGENDAIRE

GANTHELME.

Ah ! voici le cortège.

BERNARD

Et la cérémonie Commence, en épanchant un long flot d'harmonie.

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