‹ Théâtre légendaireChapitre 41 sur 74 · AIR · texte numérisé non relu

AIR

O petite fleur, cher trésor.

Laisse-moi te baiser et te baiser encor! Qu'il est doux, ton parfum! Quel secret j'y devine,

O petite fleur, fleur divine!

Témoignage si précieux, Astre d'amour tombé pour moi du haut des cieux, Symbole où je crois voir une part d'elle-même, Est-il vrai, bien vrai, qu'elle m'aime?

Orâerîc sort seul de la chapelle, descend les marches, vient droit à Raymond absorbe dans sa conteniplalion, et lui met la main snr Vépaule.

ORDERIC

Donnez-moi cette fleur prise par trahison!

RAYMOND

Cette fleur est à moi. Je n'ai trahi personne.

ORDERIC

Donnez-moi cette fleur ou rendez-moi raison !

RAYM ON D.

En effet, vous semblez un fat qui déraisonne. De quel droit venez-vous, avec tant de fracas. Me réclamer ce qui ne vous appartient pas?.

ORDERIC

Du droit d'un chevalier, lorsqu'on outrage celle Qui sera, pour la vie et pour l'éternité. Son joyau souverain d'honneur et de beauté, Son légitime orgueil et son amour fidèle! Le roi sait mon mérite, il m'accorde la main De la princesse...

RAYMON D

Vous, son fiancé!

LA COURONNE DE ROSES l8f

ORDERIC

Moi-même!

J'ai le consentement de son père, et je l'aime; Et vous avez volé, là, dans notre chemin. Ce que ne doit toucher, hors moi, nul être humain.

RAYMOND, la main à la garde de son épcc. Traître!

ORDERIC, même Jeu.

Il faut qu'un de nous sur le terrain demeure; L'implacable destin veut qu'on tue ou qu'on meure. En garde!

RAYMOND

Soit! je suis à vos ordres. Le roi Peut vous favoriser, la fleur était pour moi.

ORDERIC

C'est une calomnie infâme.

RAYMOND

C'est la vérité, sur mon âme.

ORDERIC

Osez-vous l'affirmer à la clarté du jour?

RAYMOND

Un éclair de ses yeux m'a dit tout son amour.

ORDERIC

Une dernière fois, téméraire jeune homme. Je fais, pour vous sauver, un généreux effort :

Au nom du vieux roi, je vous somme

De reconnaître votre tort.

l86 THÉÂTRE LÉGENDAIRE

RAYMOND

Jamais!

ORDERIC

Vous n'avez donc pas vu quelle hécatombe, En maint combat fameux, j'immolais sous mon fer! Quand je ne iuis plus là, notre étendard succombe; Je reparais, tout est victorieux et fier. Cédez!

RAYMOND

Jamais!

ORDERIC

Sur vous, que votre sang retombe; Et priez Dieu, si le ciel vous est cher!

RAYMOND, prc'scntant Bernard et Ganthehiie.

Vous connaissez ces gentilshommes?

ORDERIC, à Bernard et Gaiitlichne.

Pour régler sans retard, à la place où nous sommes, Une affaire d'honneur, soyez nos deux témoins!

GANTHELME.

Attendez.

BERNARD

Choisissez une place meilleure.

ORDERIC

Non! il faut en finir ici-mcme, sur l'heure.

BERNARD, ûprès ûvoir consulté Raxiiioud du regard. Bien.

GANTHELME, mèiue jeu .

Nous sommes à vous.

ORDERiC.

Merci pour tous vos soins!

QUA TUOR.

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