‹ Théâtre légendaireChapitre 44 sur 74 · C H CE U R · texte numérisé non relu

C H CE U R

Priez Jésus pour nous, Notre-Dame des Fleurs!

Dans la fougue de son allaque, I^aynnond se découvre. Il est frappé en pleine poitrine, s'affaisse et tombe. — Au même instant, la princesse, à la tète de la procession, sort de la chapelle. Elle voit tomber Raymond, pousse un grand cri et perd connaissance.

RAYMON D, à terre.

Amis, à moi!

Il écarte Ordcric qui veut lui arracher la rose.

Va-t'en, démon! Je meurs, Janelle.

ORDERIC

Silence, par l'enfer!

BERNARD d GANTHELME, rdcvaut Raymond à dam. Raymond !

La princesse a repris connaissance; elle court à Raymond.

Ra\mond !

RAYMOND, rouvrant les yeux, et d'une voix mourante.

- C'est elle!

Sommes-nous réunis dans le paradis bleu?

Je t'aime. Ne meurs pas!

RAYMOND

Merci !

Je t'aime.

RAYMOND

Adieu!

Raymond retouAe et meurt. La princesse, après le premier accahlementde la douleur, prend la rose restée sur h cœur de Raymond et la remet à sa couronne qu'elle va suspendre en offrande votive, devant la statue de Notre-Dame, sous les trois chênes.

J A N E L L E, offrant â la Vierge sa couronne de roses. Vierge pleine de grâce, acceptez ma couronne! Il n'y manque pas une fleur. Je vous la donne.

igO THÉÂTRE LÉGENDAIRE

Voyez, je la suspends à ce rustique autel; Et, morte à tout amour mortel.

Je vous consacre aussi mon âme, O Notre-Dame!

D'u)i geste hautain, elle repousse Orderic. Je ne serai point reine. Adieu, biens éclatants! Adieu, jeunesse! Adieu, printemps!

CHOEUR GÉNÉRAL, f»; soiirdiue.

Adieu, jeunesse! Adieu, printemps!

JANELLE.

Dans la paix et l'ombre du cloître.

Au miilieu des tombeaux glacés.

Je veux laisser mes jours décroître En priant pour les trépassés; C'est au ciel désormais qu'iront tous mes baisers.

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