C H CE U R
Priez Jésus pour nous, Notre-Dame des Fleurs!
Dans la fougue de son allaque, I^aynnond se découvre. Il est frappé en pleine poitrine, s'affaisse et tombe. — Au même instant, la princesse, à la tète de la procession, sort de la chapelle. Elle voit tomber Raymond, pousse un grand cri et perd connaissance.
RAYMON D, à terre.
Amis, à moi!
Il écarte Ordcric qui veut lui arracher la rose.
Va-t'en, démon! Je meurs, Janelle.
ORDERIC
Silence, par l'enfer!
BERNARD d GANTHELME, rdcvaut Raymond à dam. Raymond !
La princesse a repris connaissance; elle court à Raymond.
Ra\mond !
RAYMOND, rouvrant les yeux, et d'une voix mourante.
- C'est elle!
Sommes-nous réunis dans le paradis bleu?
Je t'aime. Ne meurs pas!
RAYMOND
Merci !
Je t'aime.
RAYMOND
Adieu!
Raymond retouAe et meurt. La princesse, après le premier accahlementde la douleur, prend la rose restée sur h cœur de Raymond et la remet à sa couronne qu'elle va suspendre en offrande votive, devant la statue de Notre-Dame, sous les trois chênes.
J A N E L L E, offrant â la Vierge sa couronne de roses. Vierge pleine de grâce, acceptez ma couronne! Il n'y manque pas une fleur. Je vous la donne.
igO THÉÂTRE LÉGENDAIRE
Voyez, je la suspends à ce rustique autel; Et, morte à tout amour mortel.
Je vous consacre aussi mon âme, O Notre-Dame!
D'u)i geste hautain, elle repousse Orderic. Je ne serai point reine. Adieu, biens éclatants! Adieu, jeunesse! Adieu, printemps!
CHOEUR GÉNÉRAL, f»; soiirdiue.
Adieu, jeunesse! Adieu, printemps!
JANELLE.
Dans la paix et l'ombre du cloître.
Au miilieu des tombeaux glacés.
Je veux laisser mes jours décroître En priant pour les trépassés; C'est au ciel désormais qu'iront tous mes baisers.