‹ Théâtre légendaireChapitre 49 sur 74 · ARG I NA · texte numérisé non relu

ARG I NA

Je tremble.

FABIUS

Entre mes bras, Ne sais-tu que trembler?

Peut-être que, là-bas, On me demande; on doit remarquer mon absence.

FABIUS

Trêve aux rébellions! Un peu d'obéissance!

Mais vous n'avez pas peur, au moment de monter Sur l'échelle de soie?

FABIUS

Eh ! je veux mériter Tes baisers. C'est banal de passer par la porte.

Vous courez, cependant, un vrai danger.

N'importe!

Argina sera donc votre reine ce soir.

Silence! on vient à nous, sous ce grand arbre noir.

FABIUS

Non. Tes cheveux ont une odeur qui m'ensorcelle. Tu régnerais, si l'on couronnait la plus belle; Et fier de ton amour, il me plaît que tu sois Parée en reine, au moins lorsque, tu me reçois.

Vous êtes singulier. Si pourtant Béatrice Découvrait que parfois, la nuit, j'ai le caprice De prendre ses joyaux, ses parures!

FABIUS

Jamais Elle n'en saura rien; rien! je te le promets. Tout au plus croirait-elle à ta coquetterie; Et ses bijoux te vont si bien! Oh! je t'en prie, Règne pour moi dans ta beauté.

La sérénade s'éteint.

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