ACTE V, SCÈNE I. iS
cisément parce que je Taime d'un amour pur et désintéressé que je dois renoncer à elle. Que je n'emporte pas, en quittant Paris, le chagrin d'avoir été la cause d'une rupture entre vous et votre famille.
MADÂMB SINCLAIR.
Généreux jeune homme I Renoncer à celle qu'il aime ! Ah ! monsieur Ernest, quand on joint à la jeunesse, au talent, cette force d'âme et de caractère, qu'on est bien fait pour inspirer une passion I . . .
DORIGNY
Allons, elle s'amuse aux dépens de mon fils.
MADAME SINCLAIR
Pourquoi partir? Pourquoi s'exiler? Louise est-elle donc la seule femme dans Paris qui mérite votre aunour?
DORIGNY
Heureusement je vous sais assez raisonnable.
MADAME SINCLAIR, prenant un air grave.
îiionsieur Dorigny, j'ai convoqué une assemblée de mes parents, elle doit avoir lieu ici, tout à l'heure. Je désire que vous et votre fils y soyez présents.
ERNEST
Non, certes, je ne veux pas.... Je ne veux pas....
MADAME SINCLAIR
Vous apprendrez là mes intentions sur ma famille, sur vous, et vous partirez ensuite pour Rome si vous voulez.
Ah I ah! Allons, Ernest, il faut rester; je suis curieux de savoir.... Mais non, nous ne pouvons pas décemment....
ERNEST
Eh quoil me rendre témoin du bonheur de mon rival I
MADA^p SINCLAIR.
Fort bien. Vous voulez partir, vous voulez rester. Me voilà tranquille : vous resterez.
(On entend Vornissac appelant au dehors.) VERNISSAC.
Gabriel, Rose, Comtois.
MADAME SINCLAIR
J'entends Vemissac. Il n'est pas encore temps qu'il vous voie. Entrez dans ce cabinet, passez dans ma bibliothèque, au jardin, promenez-vous, causez, lisez ; je vous ferai avertir quand ils seront tous réunis.
(kIIc sort.) DORIGNY.
Quel nouveau projet roule-t-elle dans sa tête ? je n'en sais rien. Il faut se résigner. Je ne cherche pas les richesses, mais je ne les fuis pas.
ERNEST
Eh ! que m'importe la fortune ? C'est Louise, c'^st Louise seule que je désire.
DORIGNY , sortant avec son fils.
Eh bien, qui sait?....