MUSIQTTE ET DES CARICATURES ; UN GARÇON
MARCHAND, portant un baromètre.
MUSARD
Posez tout cela sur cette table. Pardon, ma femme, tu as a te plaindre de moi.... je vais t'expliquer cela tout à l'heure, et pour faire la paix, j'ai voulu le faire un petit cadeau : un baromètre excellent; ce n'est qu'à Paris qu'on peut trouver de ces choses-là.
MADAME MUSARD
Oui, oui, continuez, achetez, satisfaites tous vos g^oûts, vous êtes trop riche.
MUSARD
Mais regarde donc ; cela fera-t-il un assez joli effet dans notre salle, sur notre tapisserie à personnages, en regard avec notre pendule en marqueterie. C'est un
louis que je vous dois, mon ami ; tenez. (Le garçon examine
le louis.) Oh ! il est de poids, je les pèse tous moiinème.
212 MONSIEUR MUSAHD.
LB MARCHAND, remettant des adresses imprimées à Husard.
Si monsieur est content, voilà des adresses.
MUSARD
Donnez, donnez; je les distribuerai à tout Saint- Quentin. Bien le bonjour, mon ami. (Le garçon sort.) Et puis deux sonates nouvelles pour violon ou forte-piano, ad libitum.
(Il fredonne.) MADAMB MUSARD,
Oui, chantez, chantez!
MUSARD
Et puis une collection de caricatures, oh ! vraiment comiques !
MADAME MUSARD
On devrait bien en faire une sur vous.
Or çà, maintenant, il faut que je te dise : tu t'imagines que j'ai été partout? Eh bien, point du tout, je n'ai été nulle part.
MADAME MUSARD
Comment I vous n'avez été nulle part.
MUSARD
Écoute donc, il était tard ; on ne peut pas marcher dans Paris comme on veut. Comment passer devant ces belles boutiques de meubles, de bijouterie, sans s'arrêter, sans examiner, quand on est curieux de belles choses ; et d'ailleurs j'ai marchandé un elzévir chez un libraire bouquiniste ; il était trop cher : ensuite, comme il pleuvaitj je n'ai pas pu sortir des galeries de bois; et enfin j'ai fait des réflexions.... J'irai demain, ou plutôt j'écrirai; car vois-tu, est-il bien que j'aie l'air de courir après les gens? Je leur demanderai un rendez-vous.