SCÈNE X
DORSAY, EAFLEUR.
LAFLEUR
Monsieur, la petite veuve vous attend ce soir à souper ; elle a été enchantée des vers et du bouquet.
DORSAY
Va te promener avec ta veuve et ton bouquet. Comptez donc sur les amis! Mais ne suis-je pas bien dupe, avec ma fortune, quand je peux paener une vie libre, indépendante?...
LAFLEUR, lirant un papier de sa poche.
Si monsieur daignait jeter les yeux sur l'écriture de mon jeune homme, j'en ai un modèle sur moi.
DORSAY
Je vous trouve bien impertinent d'oser vous mêler de n 2
26 LES UICOeHETS.
donner des places chez moi. Je n'ai pas besoin de secrétaire. Alil monsieur Sainville, certainement si je voulais d'autre appui que le vôlrc, je n'en manquerais pas.
LAFL]i9R.
Je supplie seulement monsieur de considérer récriture, il verra que c'est un cadeau que je lui fais. Quelle belle main !
DORSAY, prenanflj papier.
Drôle que vous êtes!... {ii lit.) « Extrait de divers ou- « vrages. La difTérence qui existe entre les gens de quel- « que chose et les gens de rien disparaît par échelons/ « Le laquais rend le devoir à monsieur le valet de « chambre, le valet de chambre habille son maître sou- « vent à la hâte pour qu'il aille faire sa cour à milord. » Qu'est-ce que c'est que cela ?
LAFLEUR
Heinl est-ce lisible? Voyez la suite.
DORSAY, lisant.
« Tourmenter les inférieurs, c'est le moyen pour les « subalternes de se dédommager de leiir soumission pour « leurs supérieurs. » Comment donc, de la morale, je crois, de la philosophie; et quelle écriture affreuse! Point d'orthographe. Allez, allez, monsieur de Lafleur, dites à votre protégé qu'avant de prétendre à une place,
il apprenne à écrire, à penser. (ll jeUe lo papier au nez do Lafleur.)
Voilà qui est arrêté, j'ai une autre personne, enfin, qui peut me servir; et si celle-là me manque, je me relire à la campagne, je me jette dftns l'étude, et je ne vis que pour moi.
LAFLBUR.
Mais monsieur...
DORSÀY.
Ne vous avisez plus de. me parler pour qui que ce soit,
ou je vous chasse, (ii sjn.