‹ ThéâtreChapitre 218 sur 335 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

AUGUSTE, FLORIDOR, MADAME FLORIDOR

LISE

FLORIDOR. '

Justement, c'est ce que j'attendais,

MADAME FLORIDOR

Qu'est-ce que cela signifie? M. Dorval, homme de loi?

FLORIDOR

C'est un nom de comédie que je me suis donné.

MADAME FLORIDOR

Un nom de comédie?

FLORIDOR

Écoutez-moi : vous avez de très-grands torts; mais il faut bien excuser les folies de jeunesse, quand elles n'annoncent pas un mauvais cœur. Tu as dix-huit ans; Lise en a seize, et je me souviens qu'à votre âge, le diable m'emporte, si je savais ce que je faisais; vos parents eux-mêmes ont bien quelque chose à se reprocher à votre égard. Quant à moi, je leur garde une vieille rancune ; je prétends nous venger tous réciproquement les uns des autres, en faisant votre bonheur. Tenez, lisez ces lettres adressées à M. Dorval, homme de loi. (a Lise.) Voilà celle' de ton père, (a Auguste.) Voilà celle du tien.

AUGUSTE, lisant.

« Monsieur, j'étais à l'audience, et je plaidais contre » un père* qui veut marier sa fille malgré elle, lorsque » avec une surprise inexprimable, j'ai appris les deux » nouvelles foudroyantes que vous m'annoncez par » votre lettre du 9 du courant. Il est donc vrai que mon » libertin de fils avait été demander un asile à son cou- » sin le comédien, et qu'il est arrivé précisément pour » assister aux derniers moments de ce parent eslimable, » que je regretterai toute ma vie.

MADAME FLORIDOR

Qu'il regrettera toute sa vie!

• FLORIDOR

A ton tour, Lise.

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