SCÈNE XIV
MORINVILLE, FLORIDOR, FLORANGEAG,
MADAME FLORIDOR, en grand deuil.
FLORIDOR
Entrez, mon intéressante amie; ce sont vos <1eux cousins, M. de Morinville, M. de Florangeac.
MADAME FLORIDOR
Messieurs....
FLORANGEAC.
Il eût été bien plus doux pour nous, madame, de faire une connaissance aussi chère que la vôtre dans tout autre moment.
MORINVILLE.
Au milieu du chagrin bien réel que nous cause la perte de notre parent, c'est une grande consolation pour nous que de penser qu'il n'a pas emporté au tombeau le ressentiment trop juste, peut-être, qu'il nous a si longtemps conservé.
FLORANGEAC.
Et nous aimons à croire qu'aussi indulgente que lui, vous daignerez accorder votre amitié .à des parents, qui....
MADAME FLORIDOR
Je vous demande pardon, messieurs; mais vous auriez tort de vous flatter. M. Floridor vous en a voulu toute sa vie ; au moment de mourir, il a fait le sacrifice de sa colère : quand j'en serai là, peut-être ferai-je le sacrifice de la mienne ; mais jusqu'à ce moment n'y comptez pas.