SCENE XV
Allons, ne vous gênez pas ; votre bel habit turc est dans le cabinet.
FLORANGBAG.
Votre habillement complet de Crispin est dans celui-là.
MORIN VILLE
Que maudit soit Tauteur de ces Trois Jumeaux vénitiens^ avec son habit vert galonné en orl
FLORANGBAG.
Oui, sans doute, c'est lui qui a donné à mon cousin ridée de cette détestable tîonditioti.
MORIN VILLE
Eh bien, qu'attendons-nous encore? partons.
FLORANGBAG.
Oui, sans doute, allons-nous-en, nous n'avons plus rien à faire ici.
MORIN VILLE
Eh bien, qu'est-ce que vous faites donc? vous approchez de ce cabinet?
FLORANGBAG.
Pas du tout, je pars; mais il n'y a pas de mal à regarder, par pure curiosité, l'habit.... que je ne mettrai pas.
MORIN VILLE
La curiosité pourrait bien \ous porter à l'essayer.
FLORANGEAG.
L* essayer? non certes...» cependant Ressayer ne serait pas encore me montrer dans les rues, (ii ouvre le cabinet.^ Ah ! mon Dieu^ on ne nous a pas trompés. Le voilà sur une chaise.
MORINVILLB.
Fort bien, mon frère, vous voilà presque décidé. Voulez- vous que je vous serve de valet de chambre?
FLORANGEAC.
Taisez-vous donc, mon frère : vous imaginez- vous que je sois capable?... Mais vous-même, vous approchez de ce cabinet.
MOBINVILLE.
Mon Dieu, non ; je prends ma canne et mon chapeau pour partir.
FLORANGEAC.
Et moi, de mon côté.... Trente mille francs.... Je ne veux plus regarder.... Ahl ah! c'est là où se trouve la bibliothèque de mon cousin; il y a peut-être des livres de médecine.*
MORINVILLE.
Vous cherchez un prétexte pour entrer.
FLORANGEAC.
Il est certain que ces livres.... cet habit.... ma foi, pendant que mon cheval blanc se repose....
(U entre dans le cabinet.)