‹ ThéâtreChapitre 274 sur 335 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

que tu me charges là d'une commission bien délicate.... En affaires pareilles....

MADAME DORSAL

Tu peux plus que personne dans une semblable circonstance. Bourdeuil est ton ami, il s'ouvrira plus volontiers avec toi ; d'ailleurs il n'est*rien tel que l'exemple pour ramener quelqu'un ; tu lui feras le tableau de notre bonheur, tu lui mettras sous les yeux ta conduite.

DORSAI, avec embarras.

Ma conduite!... c'est que je ne voudrais pas avoir l'air d'en tirer vanité. Et puis vraiment je suis embarrassé... Que veux-Ju que je lui dise?

Mais cette réflexion m'étonne de votre part, monsieur; seriez-vous le confident de votre ami? le soutiendriezvous dans ses erreurs ?

DORSAI, vivement.

Qui, moi? ahl quelle idéel (a part.) Diable! changeons de rôle. (Haut.) C'est abominable ! c'est affreux ! Je suis prêt, ma chère amie, à faire tout ce que tu voudras.

MADAME DOïlSAI, avec mystère.

Nous avons enfin la preuve la plus certaine qu'il a une maîtresse.

DORSAI, vivement.

Est-elle jolie? (a part.) Où diable vais-je faire une pareille question?

MADAME DORSAL

Elle a, dit-on, des yeux bleus magnifiques.

DORSAI, à part. .

Juste comme ceux de madame de Montalan. (Haut et avec ntention.) Gela fait pitié ; ce petit monsieur qui ne peut pas se contenter des yeux noirs de sa femme ; en vérité tQut le monde s'en mêle, (a pan.) Je suis tout à fait dans

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une position fausse; esquivons-nous. (Haut.) Je vais le trouver, j'ai à lui donner des nouvelles d'une affaire qui nous inquiétait et dans laquelle nous ne perdrons rien ; mais c'est surtout de sa conduite que je veux lui parler, et, malgré sa réserve, il faudra bien que je lui arrache son secret.

/ Il sort.

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