SCÈNE IL
MADAME DORSAI, MADAME MONTALAN.
MADAME DORSAI.
Ma bonne amie, je profite d'un instant que me laissent les préparatifs de la fête de Dorsai pour êlre seule avec toi. Permets-moi une question; avant de venir ici, connaissaisrtu M. Bourdeuil ?
MADAME MONTALAN.
Non.
MADAME DORSAI.
Apprends-moi donc alors comment il se fait qu'il ait ton portrait dans son portefeuille.
MADAME MONTALAN, vivement.
Mon portrait! que dis-tu? quelle indignité! Allons, allons, cela est est impossible.
MADAME DORSAL
Je Tai vu, et la ressemblance est tellement frappante qu'il est impossible d'attribuer au hasard....
MADAME MONTALAN.
Quoi! on se serait permis?... Je ne m'étonne plus à présent de la réception que m'a faite madame Bourdeuil. Mais quel usage ce méchant homme veut-il faire (^e mon portrait? comment se Test-il procuré?
MADAME DORSAL
Il t'aura remarqué sans que tu fisses attention à lui, et il aura fait faire une copie de ton portrait pendant qu'il était au salon.
MADAME MONTALAN, à part.
Oh ! mon Dieu! j'inspire donc des passions à tous les hommes mariés? (Haut avec intention.) Mais ne te trompestu pas? es- tu bien sûre que M. Bourdeuil soit capable....
Ma. chère amie, les mauvais sujets sont capables de tout ; rien maintenant ne peut plus me .surprendre de la part de Bourdeuil.... Je l'entends, il te croit seule et vient sans doute pour te parler.
MADAME MONTALAN.
Reste avec moi, je t'en supplie ; c'est devant toi que je veux éclaircir ce mystère.