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SCÈNE II

SŒUR EUPHÉMIE, seule.

Mon tuteur ne m'a que trop bien devinée ; j'ai la force de le cacher aux autres, mais je ne puis me le cacher à moi-même. C'est l'absence de son fils qui m'a conduite

ici. (Elle lire un portrait de son sein.) Ce pOr trait ne SÇrt qu'à

nourrir ma douleur. Je trahis mon devoir en le conservant, et je n'ai pas la force de m'en séparer.

430 LES TISITANDINES.

AIR

toi dont ma mémoire

A conservé les traits.

En vain a-t-on pu croire

Qu'ici je t'oublîr'ais !

Malgré ta perfidie,

Trop coupable Belfort,

La trop faible Euphémie

Voudrait te voir encor; Reviens, reviens, et je brise ma chaîne.

Ton absence en ces lieux, seule, a pu m'entralner; -

Elle est ma seule peine, Et mon plus grand désir est de te pardonner.

(Grégoire sonne à la grille.)

On sonne, cachons ce portrait. Fuyons!... Ah! combien la solitude m'est chère : ce n'est que quand je suis

seule que je puis causer avec lui. (eIIo cache le portrait et sort.)

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