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ACTE II, SCÈNE III. 4'Si

LA TOURIBRE.

Vous étiez attendue ici avec impatience ; voulez-vous bien permettre, ma sœup? (eue lembrasse.)

BBLPORT, adoucissant sa voix.

Bien volontiers, ma sœur.

LA TOURIÈRE

Je cours avertir madame Tabbesse. Mais asseyez- vous donc, de grâce ! Eh bien, comment vous trouvez- vous à présent?

BBLFORT.

Beaucoup mieux, depuis que je suis ici.

LA TOURIÈRE

Ah! jna sœur, vous êtes tombé^e ici dans une maison.... Je crois que le Seigneur a pour ellj une prédilection particulière.... Toutes nos sœurs sont si vertueuses, si méritantes! Ce n'est pas que je les regarde comme parfaites. Par exemple, sœur Sainte-Anne est bavarde, sœur Joséphine est coquette, sœur Augustine fait la prude. Moi qui vous parle, je suis d'une étourderie, d'une vivacité.... Mais on se passe mutuellement ses petits défauts. Sœur Euphémie encore....

BBLFORT.

Sœur Euphémie!... et quel est donc son défaut à elle ?

LA TOURIBRE.

Ne me trahissez pas. Elle n'a pris le voile que par désespoir d'amour; je suis au fait. Elle aime un certain Belfort.

6BLF0RT.

Bon!

LA tOURlÈRE.

Oui, un mauvais sujet, qui s'est fait renfermer pour ses fredaines : mais, grâce au ciel, la voilà tout à fait dans le port ; lundi, elle prononce ses derniers vœux.

432 LES VISITÀNDINES.

BELFORT, à part.

Lundi I . . . (Haut, en reprenant la voix de femme.) tln enèt, la.

voilà dans le port. Sœur Euphémie vous a donc mise dans sa conCdence?

LA TOURIÈRE

Sœur Euphémie I... Elle est trop fière pour parler à personne ; mais vous sentez bien qu'à nnon âge, quand on a de Texpérience, on se connaît en amour.

BELFORT

Gomment, ma sœur, est-ce que vous auriez passé par là?

LA TOURIÉRË.

Couplets.

Ah ! de quel souvenir affreux «

Votre demande m'a frappée!

Un jour, nous nous connaîtrons mieux.

Vous saurez comme on m'a trompée.

Le ciel, en nous donnant un coeur.

Nous fît un présent bien funeste;

Vous m'entendez, ma chère sœur,

Ah ! dkignez m'épargner le reste.

Dans cette maison, à quinze ans, * Je n'étais que pensionnaire; Un jeune abbé des plus charmants, Logeait au prochain séminaire :

Un certain jour, il vint me voir, Il avait un air tout céleste, Et sans la grille du parloir...

Ah 1 daignez m'épargner le reste.

Mais, adieu, ma sœur; votre entretien a tant de charmes qu'on oublie tout auprès de vous. Je cours avertir madame Tabbesse. Ne vous dérangez pas, je vous en prie.

(Elle eort.)

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