SCÈNE III
MADAME SAINT-LAURENT, BARDOLIN
MADAME SAINT-LAURENT
Vous êtes donc bien jaloux de plaire à M. Vernissac?
BARDOLIN.
Mais oui.
MADAME SAINT-LAURENT
Quant à moi, je ne suis pas fausse : je ne flatte que ceux que j'aime; c'est bien assez.
BAKDOLIN.
Ainsi donc, les trois prétendants à la succession vont se trouver en présence.
MADAME SAINT-LAURENT
Eh ! qui pense à la succession ? Puissé-je conserver encore longtemps ma chère .tante.
BARDOLIN.
Oh! sans doule. Cependant.... nous en serons navrés... mais... lot ou tard, nous la perdrons. Or est-il défendu à un père de songer à un fils chéri ?
MADAME SAINT-LAURENT
Non, certes. Et qui pourrait me blâmer de songer à ma fille ?
BARDOLIN.
Vous êtes fière de TafTection toute partiale que madame Sinclair a prise pour cette chère fille. Avec son air d'innocence, elle est adroite et sournoise , ma petite cousine.
MADAME SAINT-LAURENT
Vous êtes fâché que votre fils ne réussisse pas tout à fait aussi bien : il est un peu simple et un peu étourdi, mon petit cousin Anatole.
BARDOLIN.
Gela n'empêche pas que je n'aie obtenu pour lui la promesse d'un titre, d'une place de finance très-honorable.
MADAME SAINT-LAURENT
Je le crois.
BARDOLIN.
Joignez à cela que je peux tirer quelque parti de ma connaissance avec M. Dorigny.
MADAME SAINT-LAURENT
A votre aise, monsieur Bardolin. Moi, ma fille et mon mari, nous ne voulons nous occuper que de ma chère tante «