ACTE m, SCENE I. m
MADAME SAINT-LAURBNT.
Il ne faut pas trop accuser votre fils. Il paraît que ma fille y a mis un peu de coquetterie. Ils s'aimaient dans leur enfance ; en grandissant, ils s'aimaient encore.
SAINT-LAURBNT.
C'est tout naturel.
MADAMB SAINT-CLAIR.
Ne vous serait-il donc pas possible, une fois dans votre vie, mes chers parents, d'aller franchement à votre buti sans toutes ces petites préparations dont je ne suis pas dupe? Où voulez-vous en venir? A me 'persuader que vos enfants s'aiment. Gela m'étonne; c'est possible, pourtant. Après? vos intentions? quelles sont-elles ? '
MADAME SAINT-LAURENT
Eh! ma tante, avons-nous une intention?
BARDOLIN.
Nous vous demandons les vôtres.
MADAME SAINT-CLAIR
N'ôtes-vous pas la mère de Louise?
MADAME SAINT-LAURBNT.
Oui.
MADAMB SAINT-GLAÎR.
N'êtes-vous pas le père d'Anatole ?
BARDOLIN.
Je le crois.
MADAME SAINT-CLAIR
Qui peut vous empêcher de marier vos enfants à votre fantaisie ?
BARDOLIN.
C'est juste; mais nous avons pour vous tant de respect.
MADAME SAINT-LAURENT
Tant de confiance dans votre amitié !
SAINT-LAURENT
Moi, je déclare que je ne ferai rien sans votre aveu.
MADAME SAINT-CLAIR
Expliquez-vous : est-ce un conseil, est-ce un consentement que vous me demandez ?
MADAME SAINT-LAURENT
C'est Fun etPautre.
MADAME SAINT-CLAIR
L'un et Tautre. Eh bien, je vous conseille de les marier. Je donne même ce consentement auquel vous tenez tant, et dont vous n'avez pas besoin. Mais, comme je pense qu'il faut surtout consulter l'inclination des jeunes gens qu'on marie, s'aiment-ils ? Voilà ce qu'il faut me prouver.
SAINT-LAURENT
Ils s'adorent.
MADAME SAINT-CLAIR
Avez-vous surpris quelque lettre, quelque discours, quelque aveu ?
MADAME SAINT-LAURENT
Nous avons leurs aveux.
SAINT-LAURENT
Leurs propres aveux.
BARDOLIN.
J'ai fait appeler mon fils. Le voici ; vous pouvez l'interroger.
MADAME SAINT-LAURENT
Moi, je cours chercher ma fille, (eho sort.)
MADAME SINCLAIR
Je vous attends.