ACTE IV, SCKiNE H. \Z
DORIGNY
Eh ! madame, vos parents sont sages, et vous êtes trop exigeante et trop romanesque, passez-moi le terme. Au lieu de songer à les déshériter, approuvez le mariage qu'ils vont conclure.
MADAME SINCLAIR
Mais vous parlez contre vos intérêts.
DORIGNY
Mais vou»^ prenez mes intérêts trop à cœur, et vous devriez vous occuper un peu plus des vôtres.
MADAME SINCLAIR
Des miens ! Dites donc de ceux des autres. Et quels sont ces autres ? des ingrats qui désirent ma mort. Ah ! si j'étais à la place de votre fils....
DORIGNY
Mon fils ! il est raisonnable, il tâche de l'être. Ce n'est pas comme sa mère; je crois qu'elle devient intéressée comme tout le monde. Ne me dit-elle pas que j'ai eu tort dans le temps de l'épouser, que j'aurais pu trouver beaucoup mieux qu'elle. Et voyez quelle belle réputation vous allez me faire dans le monde ! On ne veut pas croire qu'il y ait des gens qui préfèrent l'honnête à l'utile, et je vais passer pour un coureur de fortune et d'héritages.
MADAME SINCLAIR
Eh! monsieur, le monde ne sait ce qu'il dit; votre fils a tort; votre femme a raison, et je trouverai vingt personnes complaisantes qui, à votre défaut, m'indiqueront les moyens de faire un bon testament àb irato qui les déshérite tous, et qui ne soit pas cassé.
DORIGNV.
Au moins je n'y aurai pas trempé. J'aime mieux renoncer à votre amitié que de cesser de la mériter. Yous n'avez pas autre chose à me dire ?
MADAME SINCLAIR. '
Non, monsieur.
Quand vous aurez besoin de moi, je suis à vos ordres.
MADAME SINCLAIR
Oui, pour ne rien faire de ce que je désire. Adieu, monsieur.
DORIGNY
Adieu, madame, (ii sort.)