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ACTE PREMIER

Les grands blés mûrs détruits, les avoines foulées, Sous l'enragé galop des bêtes fouaillées.

Qui traînent les canons.

Les toits incendiés, le sang et le pillage,

Tous les travaux anéantis.

La mort du pauvre monde et le deuil au village...

Ah! la guerre, je la maudis!

Vous les avez connus, vous tous, mes deux grands fils, Jean, Antoine, tous deux si vaillants à l'ouvrage,

Et pleins d'un si mâle courage,

Quand la guerre me les a pris !

Je les revois encor dressant leur haute taille...

Ils sont tombés dans la même bataille.

En un moment, tous deux, la mort les a fauchés. Je ne sais même pas où leurs corps sont couchés... Oui, la voilà, la guerre!

LE TAMBOUR, rondement.

Eh! bonne dame.

N'en faut point tant dire de mal.

La guerre, ça réchauffe l'âme!

On cogne dur, c'est un régal!

Eh! sans doute, y a de la casse!

Mais, quand on vous taquine, quoi?

Qu'on vous crache l'injure en face, Y f'rail beau voir qu'on reste coi!

(Levant le verre, vers Dominique et Françoise.)

Enfants, à vous d'abord! Puis, achevons le verre, Pour les autres, qui vont se battre à la frontière!

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