‹ ThéâtreChapitre 94 sur 150 · SCENE III MARCELLINE, LA SENTINELLE · texte numérisé non relu

SCENE III MARCELLINE, LA SENTINELLE

MARCELLINE

Là! debout sous le saule, Ce soldat ennemi! Qu'il est fier, jeune et beau! A sa robuste épaule.

Son lourd fusil n'est qu'un léger roseau.

II ressemble à mon Jean! Et, comme lui, sans doute, Il se bat bien et va, qui sait? pauvre étranger, — Sans larmes je n'y puis songer, — Loin des siens tomber mort, sur quelque route, Dans quelque coin. Le triste sort, hélas!

(S'approchant.)

Soldat, de quel pays êtes-vous?

LA SENTINELLE, avec un grand geste mélancolique.

De là-bas!

De l'autre côté du grand fleuve!

MARCELLINE

Vous avez encor votre mère?

LA SENTINELLE

Oui, veuve, Et très vieille, et très seule au village!

fAvec un soupir.)

Ah! c'est loin 1

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