Théatre
BELOISON, sous le balcon de Lucile; GEORGE et ACHILLE arrivant de voyage. — Point du jour.
ACHILLE, à George.
Monsieur, voilà le nid de nos amours dans l'ombre !
GEORGE, bas.
Silence ! un homme sous le balcon !
BELOISON, se croyant seul.
Duègne sombre, Mais douce aux coeurs galants qu'incendie un œil noir, Nuit, ma compagne ici, que dis-tu de m j voir Comme un larron d'amour descendant de l'échelle, Quand l'alouelte au jour sonne le boute-selle, Pour m'y voir revenir avec le rossignol. Comme ce Roméo que je crois Espagnol?
Et le son de mes pas, qu'il s'approche ou s'éteigne, Que dit-il à l'oreille où le porte ma duègne ?
GEORGE, à part.
C'est lui !
BELOISON.
Mais lui, le fier-à bras, le fanfaron, Dont le retour est lent, si le départ fut prompt, Que dira ce rival que ma princesse exile, Me trouvant, s'il revient, aux bras de sa Lucile?
GEORGE, 7nai'cJiant sur lui.
Il ne dira qu'un mot : Vous en avez menti !
BELOISON, à part.
C'est mon homme ! {haut). Menti ?
GEORGE
Par les dents, je l'ai dit.
4 LE POINT d'honneur.
Le mot à vos parents pourra coûter des larmes, Jeune homme. Je suis brave et fort à toutes armes.
GEORGE
L'insulteur d'une femme !
BELOTSON.
On vous le fera voir.
GBORGE.
L'arme ?
BELOISON.
Toutes.
GEORGE
Où?
BELOISON, montrant la forêt.
Là.
GEORGE
Quand ?
BELOISON.
Sept heures du soir.
Ou j'aurai votre tête ou vous aurez la mienne.
(A part, se retirant).
C'est mon homme ! Malheur !