‹ ThéatreChapitre 102 sur 183 · MONTIGNY · texte numérisé non relu

MONTIGNY

EBOLI

Mon roi...

Si ton roi le savait, Eboli ! Si, comme la pensée m'en vient dans le martyre de mes insomnies, je savais qu'un homme vivant m'ait trahi !

EBOLI

Sire...

LE ROI

Oh! je sais ta réponse. Son mari arrêté, elle a fui la colère du roi ! N'est-ce pas cela? Et moi, je te dis ceci : Avec le cœur que les hommes lui donnent, avec les célestes attraits que Dieu lui a accordés, non, ce n'est pas la colère du roi qu'elle a fui. Je te dis que c'est son amour. Elle est brave, entends tu? mais elle l'aime, cet homme ! [tirant de sa poche un papier.) Elle l'aime, mais elle le tue!

EBOLI

Majesté, sur la place de Bruxelles, qui a vu tomber les têtes d'Egmont et de Hornes, le duc d'Albe a fait proclamer la sentence de Montigny.

LE ROI

Eh bien ?

EBOLI

Si elle l'aime, elle accourra...

LE ROI

Trop tard, Ruy Gomez !

EBOLI

Le roi d'Espagne la verra à ses pieds.

LE ROI

Et n'est-ce pas elle aussi que je crois revoir partout? N'est-ce pas elle qu a l'instant même, j'ai cru apercevoir, à la fenêtre de cette misérable posada ? Ou je suis le jouet d'une vision diabolique, ou c'est elle...

EBOLI

Sire...

LE ROI

Toi, si tu étais le dévoué serviteur que tu dis, ne le

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