‹ ThéatreChapitre 142 sur 183 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MOMTIGNY.

Minuit ne sonnera-t-il pas? Avec quelle lourdeur de plomb s'avance et s'éloigne tour à tour chacune des minutes de la dernière heure ! On étouffe ici. Dans cette attente qui m'étreint l'âme, je ressens toutes les mortelles angoisses de ce prisonnier du Conseil des Dix qui voit les murs de son cachot se rapprocher de lui, marchant toujours jusqu'à ce qu'il reste enseveli dans cette tombe animée. Et cependant ces barreaux sont... [Minuit sonne lentement.) Enfin ! [arrachant les trois barreaux de la fenêtre.) Que je les brise, ainsi que j'irai briser les fers de ma patrie! [Il les Jette à ses pieds et saisit t échelle.)

170 MONTIGNY

Sonne, heure vengeresse, sonne le glas funèbre aux oreilles du duc d'Albe ! [déroulant téchelle en dehors.) Va, bonne échelle qui mène le prisonnier aux champs de bataille! [la fixant aux fragtnents de harreaux scellés dans la inerre.) Ici, ce nœud. L'autre, ici. [après avoir plongé un regard dans t espace.) La sentinelle au pied de la tour. Oui, c'est un regard ami que j'ai vu luire vers moi du fond de l'abime. Allons, Philippe d'Espagne, roi geôlier, adieu ! Et toi, attends-moi, Hélène. Me voici.

[Il monte sur la fenêtre, pose le pied sur t échelle et descend.)

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