ACTE 1, SCÈNE YII
Renonciation de votre propre main
Signée avec le fer trempé de sang humain!
Par tant de coups portés de notre Senne au Tibre,
Votre main, je l'ai su, rendit la mienne libre
Que ce fut pour l'honneur aussi que je le fis,
Lorsqu'enfin j'acceptai l'un de vos cent défis.
«Je renonce à ta main. " Eh bien ! moi je la donne.
Fidèle à ce serment sacré qui me l'ordonne.
GEORGE
Mais celui de t'aimer, réponds, l'ai je trahi,
Toi qui, fidèle au tien, as si bien obéi.
Lorsque d'un long exil mon âme désolée
T'allait chercher, bien loin de moi-même exilée.
Tout mon être glacé par la nuit du trépas
Aux lieux où vivre est doux, mais où tu n'étais pas ;
Loin de qui j'étais là, si plein de ton image
Qu'où toute femme est belle, où tout lui doit hommage,
Moi seul je n'aimais rien, sous ce ciel radieux
Qui, loin de tes regards, était morne à mes jeux;
Toi vers qui j'accouiais, insensé, lorsqu'à peine.
Mon vieux père vivait dans mon âme trop pleine,
Et que je trouve là, riante et sans remord,
M'attendant sous les fleurs où je trouve la mort?
NiNETTE, bas à Achille.
Voici le beau moment, s'il veut montrer sa lame !
GEORGE
Mais insensé qui meurt de la main d'une femme!
Au pays d'où je viens, le serpent porte au front
Contre son propre dard le baume le plus prompt.
Oui, du serment félon la blessure est si lâche
Que tomber sous ses coups pour l'homme est une tache.
La honte en soit pour qui blessa par trahison!
Moi, je la foule aux pieds, sûr de la guérison.
Et je puis ajouter, si mon indifiërence
N'était à la hauteur de votre indigne offense,
24 LE POINT d'honneur.
Sachant par quel amour le mien est outragé, Que je suis trop de vous par vous-même vengé. Voilà ce que j'avais à vous dire, madame. Adieu,
[Il séloigne.) NiNETTE, à Achille.
Dis donc...
ACHILLE, suivant George.
Adieu, serpent... vipère... femme!