ACTE I, SCÈNE XI
BELOISON.
Mets d'abord à ton doigt cette bague, — Elle vient de ma mère ! — et, par ma bonne dague ! Je te jure qu'au bras mignon qu'ici je voi Viendra le bracelet, si le seigneur c'est moi.
NINETTE
Alors, monsieur, tant pis ! Saisissez bien la chose.
Des colères d'ici ce tas de duels est cause.
Or, la cause, monsieur, eut pour premier eifet
L'exil d'où le coupable arrive, mais défait
Qu'on ne sait pas comment il a fait le vojage ;
Que c'est un homme mort, sans un prompt mariage..,
S'il me provoque...?
NINETTE
C'est qu'il vous croit mariés.
Comme elle et vous, ce soir, en eifet, le seriez. S'il osait avec vous poursuivre son affaire. Pour lors, adieu l'amour ! on sait qui l'on préfère. Tandis que, s'il rengaine, hélas ! mort à moitié. Dans un cœur de vingt ans que ne peut la pité?
BELOISON.
Femme, ne mens-tu pas?
NINETTE
Oh! monsieur, quelle injure!
Quand c'est sur mon honneur de fille que je jure. Et lorsque je me tue à vous jurer ainsi Qu'il n'oserait se battre avec vous ni,..!
BELOISON.
Merci !
Ceci change la chose et m'ote mon scrupule. Ah ! ce petit monsieur me provoque et recule! Sangdieu ! le ferrailleur, que ne le tiens-je là. En face homme contre homme et comme nous voilà ! (// envoie des bottes à Ninette.)
32 LE POINT D'HONNEUB.
NINETTE
Grâce, monsieur!
BELOISON.
Rends-toi ! dans mes mains j'ai ta tête !