ACTE III, SCÈKE V
qui une indigne fatalité m'entraîne à cette rencontre, ne trahit point le secret qu'il m'a juré, peut-être pourriezvous l'ignorer toujours..."
NINETTE
Monsieur de Beloison, un héros à se taire ! C'est lui qui du combat m'a transmis le mystère ! LUCiLE, lisant,
« Mais je vous dois l'aveu de ma démarche. J'avais à tort provoqué l'homme. Il fallait m'excuser devant M. de Beloison! Que mille morts m'eussent moins effrayé qu'une telle réparation, est-il besoin de vous le jurer? Mais vous le vouliez, Lucile, et vous, mon père ! Eh bien! qu'a fait cet homme? Il m'a pris pour un lâche auprès de lui.
» Au nom de l'honneur, vous qui m'avez fait déchirer mon cartel, que diriez-vous de moi, si je laisser tomber le gant qu'une telle main me jette à la face?...»
LE CAPITAINE
Je dirais... George un lâche! allons donc! Je dirais...
Écoutez maintenant ce qu'il nous dit après.
{lisant.) « Mais la vengeance sera digne de moi et digne de lui. Mon père, Lucile, pardonnez. Vous me défendez de me battre : c'est bien! je ne me battrai pas. Mais un homme m'a cru lâche, et je lui présenterai mon cœur. Au moment où vous lirez ces lignes, peut-être..." {On entend un coup de pistolet .) LUCILE, laissant tomber la lettre.
Ahî
NINETTE
Juste ciel !
[Srcond coup de pistolet .)
LE CAPITAINE
Tout est fini !