‹ ThéatreChapitre 69 sur 183 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

Les Mêmes, hormis LE MAJORDOME; LE PAGE, UN JEUNE PÈLERIN, HORNES, EGMONT, ORANGE, SEIGNEURS ET DAMES.

LE PAGE

Monseigneur, voici les pèlerins.

MONTIGNY, aux pèleriyis .

Mes amis, soyez les bienvenus. On vous dit compagnons habiles aux jeux de la gaie science. Si, entre les belles choses qu'il vous plaira nous faire entendre, se trouve quelque chant de guerre des anciens temps, voilà des seigneurs prêts à vous applaudir. Pour conquérir d'abord le suffrage des dames, il convient de commencer par une des nouveautés à la mode.

LE JEUNE PÈLERIN chante .

L'épousée est si belle, L'époux si plein d'amour Que tout bas il s'appelle La nuit d'un si beau joui* !

L'épousée est si belle !

LES PÈLERINS, du dehors .

C'était au temps des longs adieux.

Sous le bon roi Philippe deux.

MONTIGNY, bas à Hélène.

Voilà qui débute gracieusement.

HÉLÈNE, de même.

Sauf le refrain toutefois.

92 MONTIGNY

LE PÈLERIN

Près de sa châtelaine, L'époux demaDde aux yeux.

Aux yeux de sou Hélène Quelle heure il est aux cieux, Près de sa châtelaine.

TOUS

C'étaii au temps des longs adieux, Sous le bon roi Philippe deux.

MONTiGNY, Itas à Hélène qui se trouble. Hélène, si ton nom a inspiré le poète, j'aurai douce souvenance de sa ballade.

LA COMTESSE

A qui s'adresse ce chant?

HORNES, à part.

Ma mère tremble comme une feuille.

LE PÈLERIN

Par delà la montagne Le messager accourt :

« Le destin en Espagne Vous convie à la cour.

Par delà la montagne.

TOUS

C était au temps des longs adieux.

Sous le bon roi Philippe deux.

EGMONT

Sur mon âme! ils parlent du destin comme des astrologues! [au jeune pèln-in.) Sais-tu quel est le destin? Son nom seulement?

LE PÈLERIN

Alors pâlit la belle Car le courrier soudain :

" A la cour vous appelle Philipjie le destin. •> Alors pâlit la belle.

TOUS

C'était au temps des longs adieux, Sous le bon roi Philippe deux.

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