‹ ThéatreChapitre 83 sur 183 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LE MUET couché, ÉBOLl, LE ROI donnant la main à HÉLÈNE.

HÉLÈNE, retirant son bras.

Nous nous éloignons du chemin, seigneur.

LE ROI

Ici, madame, on peut vous offrir quelque secours.

HÉLÈNE

Je ne suis pas blessée et je vous rends grâces. Qu'on me ramène seulement mon cheval. Il me tarde de rejoindre les dames dont il m'a séparée, et dans la compagnie de qui je me rendais à Ségovie.

LE ROI

A Ségovie, madame?

Où mon mari me précède et m'attendra.

LE ROI

Votre mari n'est pas gentilhomme, s'il abandonne sa dame à tous les hasards de la route.

HÉLÈNE, avec un sourire.

Pardonnez moi, seigneur inconnu. C'est parce qu'il est bon geniilhomme qu'il va là où son devoir l'appelle. Le mien m'appelle aussi, mais plus tard, à Ségovie d'où nous reprendrons ce chemin ensemble. Rassurez-vous donc, seigneur chevalier. De ce qui m'arrive ici quelque gibier de la chasse royale est seul coupable. LE ROI, a part.

Oh! c'est en personne, le démon tentateur! {haut.) Comment cela, madame ?

110 MONTIGNT.

HÉLÈNE

Au bruit subit parti de la ramée, mon cheval s'emporta, pour se livrer bientôt à une course échevelée. Je savais que cette belle ardeur tomberait d elle-même, et, comme aussi bien il ne connaissait plus ni le frein ni ma voix, je laissais le coursier me faire, à sa manière, les rapides honneurs de c tte sauvage forêt. Cependant, aux cris de dtHresse lointains des dames dont les timides haquenées nous abandonnaient le prix de la course, je voulus donner au vainqueur le signal de la halte et du retour. Le mouvement fut brusque. L'animal surpris obéit, mais indigné de se sentir dompté par une main de femme, et se vengeant par un élan dont, je l'avoue, j'admirais la superbe énergie. Nous en étions à ce moment du tournoi et arrivions, je pense, au point du départ, lorsqu'à votre apparition soudaine le cheval se cabra, et courtoisement vous accourûtes, seigneur.

LE ROI, bas, avec un frémissement passionné.

Mais non pas à temps pour vous recevoir dans mes bras.

HÉLÈNE, ï interrompant.

On me ramène mon cheval. Voici mes gens, seigneur*

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