SCÈNE II Les Mêmes, LE DUC D'ALBE, autres memhres du Conseil
ALBE
Oh! oh! messieurs, il vous vient du monde à la rescousse ! Vos seconds sont chez la reine, n'est-il pas vrai, Ruy Gomez?
EBOLI
Oui, duc d'Albf, et la nouvelle de leur arrivée a amené aux lèvres du roi certain sourire...
ALBE, t interrompant.
Par saint Jean de Calatrava ! qu'il prête donc aujourd'hui l'oreille à vos conseils, et que demain les Pays-Bas soient le royaume de Luther et de Calvin. La couronne d'Espagne aura perdu un fleuron plus riche que les Indes.
EBOLI
Que le roi vous écoute, et que ce riche fleuron soit brisé sur votre tète.
ALBE
Plutôt brisé que flétri ! Périssent les Provinces dans le sang hérétique, avant d'être perdues pour la foi!
EBOLI
Si la sentence est prononcée, qu'Alvarez de Tolède ou tout autre en soit l'exécuteur. Jusque-là le juge suprême est muet.
ALBE, aux conseillers entrés avec lui.
Insolent et odieux pays ! Il m'a toujours semblé que Dieu m'en amis la haine au cœur, dès le sein de ma mère. Sang du Christ! ou Sa Majesté Catholique me déclarera indigne de tenir une épée devant la chrétienté, ou voici la main qui brisera sans retour l'orgueil de ces Provinces rebelles!
114 MONTIGNT.
EBOLI
Ou don Philippe me tiendra comme conseiller félon, indigne de rester couvert devant lui. ou je lui dirai que voilà la main qui fera fleurir l'hérésie aux Pays-Bas. ALBE, la main sur la garde de son éjpée. Par la sainte messe! . . .
FERiA, s avançant entre eux.
Au seuil du cabinet du roi?
{La porte s est entr ouverte. Le roi fait un pas et s arrête sur le seuil.)
ALBE
Qu'il répète donc devant le roi les paroles qu'il vient de prononcer!