SCÈNE XIII
ZÉLIE, puis MALIGORNE. * ZÉLIE, seule.
Le monstre !... cependant je serais fâchée qu'il lui arrivât (lu mal !... ah ! le voici ! [Elle se tient à V écart,)
MALIGORNE, sortant effrayé, le pâté sous le bras.
La retraite m'est coupée !... cherchons une issue !... et ein- ]v:)rtons tout ce qui reste d'un homme aimable... Il faisait si ijien les calembourgs. (// va vers la porte et rencontre Zélie.) ZÉLIE, lui barrant le passage
Un instant!... monsieur!
MALIGORNE.
Zélie!... cs-tu innocente?... l'es-tu?... disle-moi, le pâté nous sépare à jamais!... mais j'ai besoin de croire à ton innocence !
ZÉLIE
Comment, le pâté nous sépare !
MALIGORNE.
Je sais ce qu'il renferme.
ZÉLIE
Ah ! vous savez ?. . .
MALIGORNE.
Et vous? vous VOUS troublez, tremperiez-vous dans cet hori\ble seret ?
ZÉLIE
Dam! il le fallait bien!... mais, franchement, est-ce un r.otif pour me traiter avec aussi peu d'égards?
MALIGORNE.
Voyons, Zélie, mets-toi à ma place!... si ton père était mon père, si j'étais demoiselle et toi garçon, que je fusse sa fille et loi le fils du mien, c'est une supposition.
ZÉLIE
Eh bien ! après ?
MALIGORNE.
Je ne sais plus ce que je voulais dire... ah ! si !... m'épou- * Zélie. Malicorne.
serais-tn, dis, m'épouserais-tu? ne dis pas oui.,, je te mépriserais!... mais, donne-moi ton opinion !
ZÉLI£.
Papa est fautif, j'en conviens!... mais qu'est-ce qui n*a pas à se reprocher bien des petites choses?
MALICORNE
Des petites choses !.., comment donc vous les faut-il?
ZÉLIE
Que voulez-vous?... on fait ce qu'on peut,,, Il faut bien allécher un peu les consommateurs.
Allécher!... elle a des mots... allécher!
ZÉLIE
Aujourd'hui, c'est défendu, mais on change les lois tous les jours. .. et ça sera peut-être peniiis bientôt.
MALICORNE, à part.
Quels principes !... moi, qui la croyais pure... voilà le fruit des doctrines !... ô mon siècle, où vas-tu?... où vas-tu, malheureux siècle, dix-neuvième du nom ?
ZÉLIE
Du reste, ne discutons pas là-dessus...
MALICORNE
Non ; adieu !