ACTE I, SCENE VIL
HECTOR
D'un médecin, d'un agent de change, d'un notaire?... Car TOUS avez une élégance, une distinction...
FLORINE
Monsieur se trompe de beaucoup.
HECTOR
En vérité ?
FLORINE
Et je vais bien étonner monsieur en lui disant que je suis tout simplement... femme de chambre.
HECTOR
Allons donc ! ce n'est pas possible.
FLORINE
Je vous assure.
HECTOR
Je reconnais bien là les jeux de la fortune... Et comment se nomme votre maîtresse? — Que fait son mari? — Où demeuret-ii? — Quelle rue? quel numéro? quel étage? Est-ce la porte à droite ou la porte à gauche ?
FLORINE
11 n'y en a qu'une. — Mais pourquoi me demandez-vous tout cela?
HECTOR
Pour vous revoir, belle Fiorine; car si vous pouviez lire dans mon cœur l'impression...
FLORINE
Monsieur Narcisse!...
HECTOR
Plaît-il? {J part.) Ah ! c'est juste I je lui ai dit que je m'appelais Narcisse. [Haut.) Vous hésitez ? douteriez- vous de mon amour ?
FLORINE
Dame...
HECTOR, frisant sa moustache.
Si je ne vous aimais pas, je ne vous ferais pas la cour; nous autres militaires, nous avons assez d'occasions...
FLORINE
3e crois bien qu'avec le physique de monsieur, on ne doit pas être en peine.
HECTOR
Alors, accordez-moi un rendez-vous.
FLORINE
Comme ça? tout de suite?
Mieux vaut tout de suite que jamais.
PLORLNE.
Eh bien !... Oii I voilà monsieur Legros qui revient. [Elle se sauve par la gauche.)
HECTOR
Je ne la quitte pas... Elle est charmante celte petite. {Il court après elle. Legros traverse le théâtre en se cachant la fgure avec son foulard. Le gardien entre par le troisième plan à droite, traverse le théâtre et sort par le premier plan à gauche.)
scÈ^i: vziz.
Les Mêmes, CLÉMENXE, HECTOR. [Clémence entre par la gauche et vient s' asseoir à droite. Hector la suit.)* HECTOR, à lui-même.
Mademoiselle Florine... dimanche à deux heures... au jardin des Plantes,., devant les singes... j'y songerai... mais ne perdons pas de vue cette dame. {Hector passe devant elle et la salue. Clémence le regarde d'un air étonr'é. Il repasse et salue de nouveau. Clémence lui rend son salut dun air indécis.)
HECTOR
Vous vous portez bien, madame?
CLÉMENCE
Pardon, monsieur, mais je ne me rappelle pas...
HECTOR
Hector Duchemin, employé au ministère de l'intérieur.
CLÉMENCE
Vous me connaissez, monsieur ?
HECTOR
Non, madame.
Alors, monsieur, je ne comprends pas...
HECTOR
îe vais me faire comprendre. {Il prend une chaise et va pour s^asseoir près de Clémence. Dès qu'il est assis, Clémence se lève.)** Vous préférez marcher en causant, je sais bien de votre avis... Voulez-vous me faire l'honneur d'accepter mon bras?
CLÉMENCE
Votre bras?
* Hector, Clémence.
•* Clémence, Hector.