‹ ThéâtreChapitre 208 sur 381 · SCENE II. S · texte numérisé non relu

SCENE II. S

FANCHONNETTE

Ah! c'est mal de causer de pareilles surprises aux gens...

LELOUP, à part.

Ma vue lui a fait de l'effet.

FANCHO.NNETTE.

C'est trop beau... vous vous ruinerez.

LELOUP

Plaît-il?

FANCHONNETTE

Oui ! faites donc l'étonné... d'abord, ça vous donne l'air plus bête qu'à l'ordinaire.

LELOUP

Je te jure...

FANXHONNETTE.

Comment! vous voulez me soutenir que ce n'est pas vous qui, me voyant endormie, vous êtes approché sur la pointe du pied, comme un lourdaud, et qui m'avez jeté sur les épaules cet élégant domino?... Je devrais le refuser... mais comme on ne peut pas aller au bal masqué en robe décolletée et en manches courtes...

LELOUP, r interrompant.

Fanchonnelte... Tu m'as dit que j'avais l'air bête, ça ne me fâche pas... Tu m'as traité de lourdaud, ça ne me fâche pas encore... mais, moi t'avoir couvert les épaules avec un domino quelconque?... ah ! jamais... ahl jamais...

Air : De sommeiller encor, ma chère.

Tu dois en croire mes paroles,

Non, pardieu! je n"ai point jeté

Ce domino sur tes épaules,

Et caché par lui leur beauté.

Mais tu peu.K, sans blesser ma flamme,

Pour d'autres galants le porter...

Moi, plus modeste, je réclame

Le privilège de l'ôter.

[Il va pour ôter le domino.)

FANCHONNETTE

Finissez, monsieur Leloup.

LELOUP, à part.

Je l'ôterai plus tard.

Et ces bijoux?... Ce n'est pas vous non plus qui me les avez envoyés ?

LELOrP.

Je le soutiens!

FANCHONNETTE

Ah! vous êtes un financier bien calomnié, petit enfant prodigue!...

LELOUP

Petit, oui... Enfant, pour ramour. oui... mais prodigue... Ah ! non... Fanchonnette, tu connais ma réputation et mes principes...

FANCHONNETTE

Oui, votre réputation... je ne sais pas comment ça se fait, mais vous passez pour le financier le plus avare de tout Paris.

LELOLP.

Avare?... tu peux dire cancre!... tu peux même dire ladre ou fesse-mathieu... (C'est un mot consacré.! Et tu ne seras pas au-dessous de la vérité.

FANCHONNETTE

Vous voulez du mystère? c'est bien... on se taira... Voyons, rheure approche... je suis prête... Ah! mon masque... 'Dans ma chambre... Attendez-moi... C'est égal, si vous continuez ainsi, ou vous vous ruinerez, ou je veux bien que le loup me croque. [Elle entre a droite.)

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