‹ ThéâtreChapitre 214 sur 381 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

{Uair du morceau précédent continue en trémolo, à Vorchestre. La petite porte secrète .s'ouvre, et quatre valets en livrée enlèvent les vieux meubles et Us remplacent par des meubles riches. Ils placent une toilette a gauche et accrochent un tableau au fond; ce tableau représente Cupidon couché sur l'herbe dans un bosquet. Sur fiin des fauteuils est placée vne riche toilette de ville. — On frappe à la porte.

UNE VOIX, en dehors.

Ouvrez, Fanchonnette, c'est moi, Narcisse Bémol!... (Les quatre valets se retirent. La musique cesse.)

SGE>'E VI.

NARCISSE , en dehors.

Répondez donc. (// pousse violemment la porte.) Mais... [Entrant.) Personne!... {Regardant.) Ciel î ce n'est pas ici ! et j'ai

forcé la porte ! et je me suis introduit comme un jeune émule de Cartouche... je me suis trompé d'étage ! ce luxe... ces fauteuils... (S'asseyant.) Ah ! que c'est douillet ! ah ! que c'est donc d'un douillet!... Et ce tableau!... et cette robe somptueuse... Ah! que rétol'fe en est moelleuse! {Se regardant à la psyché.) Un joli meuble... Us sont donc sans expression ces yeux-là? Ces joues ne sont donc pas d'un incarnat, ces lèvres ne sont donc pas d'un corail?... Ce nez est donc déchiré?... Allons, allons, je comprends Narcisse, mon patron...

Air : Ta résille.

Lorsque je vois ma figure.

Et ma taille et ma tournure, Ma coquette chevelure, Et la flamme de mes yeux;

Quand j'admire

Mon sourire, Dans Ovide je crois lire

Cette fable

Lamentable D'un mortel chéri des dieux!

Je suis beau, laraour m'entraîne...

Cette glace est la fontaine Où Narcisse se mirait, S'admirait et s'adorait.

Lorsque je vois, etc.

Mais, ne flânons pas davantage dans ce réduit...

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