‹ ThéâtreChapitre 27 sur 381 · ACTE II, SGÈ.NE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SGÈ.NE I

DERBiGNY, allant à lui.

Quoi! monsieur Lambert, si matin?

LAMBERT

On commence les réparations à notre mairie, je déménage les archives de Tétat-civil, auxquelles vous avez bien voulu accorder l'hospitalité.

LERBIGNr.

En qualité de votre adjoint, n'était-ce pas à moi de vous épar= gner cet embarras?

LAMBERT

Je ne suis pas convenablement logé... Un célibataire... et puis, appelé sans cesse hors de chez moi par mes malades...

DERBIGNY.

Et vous n'en manquez pas, c'est vrai! Qui aurait dit, quand je vous quittai à Paris il y a deux ans, qu'aujourd'hui, vous seriez maire de Briare et le premier médecin de la ville ?

LAMBERT, SOUViant.

D'abord, je suis seul, ou à peu près.

DERBIGXY.

Vous avez su inspirer une telle confiance à vos clients qu'ils vous ont tous voulu pour leur représentant, et que vos administrés se font malades par partie de plaisir, pour avoir la satisfaction d'être soignés par vous... un vé.^itable engouement!

LAMBERT

Que je dois à votre bienveillance, monsieur Derbigny.

Dites à votre travail persévérant, à votre mérite.

LAMBERT

Ah !... cela vous surprend, vous qui, à Paris, m'avez vu jeté dans les plaisirs. . . Mais il y a temps pour tout.

DERBIGNY.

Ah! oui, votre système, la soupape de sùrelé... j"aime toujours beaucoup cette comparaison. A propos de sûreté, j"ai préparé un petit travail... des feuilles de signalement; voulez-vous voir?... Je sais que vous ne signez qu'après avoir lu. [Il va au bureau à gauche.)

LAMBLRT, y allant aussi.

C'est que je me rappelle les étranges habitudes de mon prédécesseur. (// signe debout pendant les cinq premiers vers.)

Air : Ces Postillons sont d'une maladresse !

Quand il pariait pour aller en voyage, Pour que l'état-civil n'en pût souffrir, Ce brave maire, au bas de chaquo page, Signait eu blanc les acte;5 à venir,

Que le grefiierplus lard devait remplir.

{Revenant en scène *j Grâce à ce singulier système, Ce magistrat, prévoyant à l'excès.

Se trouve avoir sitrné lui-même Son acte de décès [bis).

{En souriant.) Je ne veux pas m'exposer à cela.

DERRiGNï . riant.

Et vous avez raison... Maintenant, me permettez-vous de passer un instant chez M. de la Pierre Meulière ?

Je vous en prie.

PERBIGNY.

Il est chez moi depuis hier.

LAMBERT

Oui, avec mademoiselle Pauline.

DEnBiG>'y'.

Il s'agit d'un arrangement pour notre vieux procès... ** Mille pardons de mon impolitesse.

LAMBERT , k reconduisanî.

Allons donc ! . vous plaisantez.

[Derbigny sort par la gauche.)

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