‹ ThéâtreChapitre 3 sur 381 · ACTE h SCÈNE î. S · texte numérisé non relu

ACTE h SCÈNE î. S

DERBiGNY, rîani.

JV restais toujours.

LAMBERT, souriaîit.

J'avoue que je ne suis pas de cette force là... travailler d'abord, s'amuser ensuite, voilà niun système.

DERBIGSY.

Ah! ab!

LAMBERT

Je compare l'étude à une macliine à vapeur, dont le plaisir est la soupape de sûreté.

DERBiGNY, gaiement.

Et, chez vous, la soupape fonctionne passablement?

LAMBERT, gaiement.

Mais oui, ce qui ne m"a pourtant pas empêché de quitter le bal avant la fin. Je me suis dit : Mon garçon, tu as dans ce moment-ci un catarrhe...

DERBiGNY, avec intérêt.

Et vous êtes sorti par ce froid?

LAMBERT, Continuant.

Une pleurésie, deux fièvres typhoïdes, une paralysie, trois hépatites dont deux aiguës... tu as besoin de te ménager, et je suis rentré.

DERBIGNY, riant.

Que le bon Dieu vous bénisse ! vous m'avez effrayé... Je comprends; ah! malgré votre amour pour le plaisir, vous êtes laborieux, vous !

LAMBERT

C'est que je n'ai pas été élevé dans du coton. Je n'ai pas eu, comme votre fils Isidore, une tante pour me dorloter, pour me tenir toujours comme un King^-Charles dans son manchon.

DERB1G>Y.

Isidore était si chétif .

LAMBERT

Et de plus par une femme dévote quia cultivé l'esprit d'Isidore à sa manière... Culture de serre chaude... qui craint le iirand air... Tenez, M. Derbigny, puisque vous me faites l'honneur de m'entretenir de ces détails, je vous dirai franchement que je ne conçois pas un grand dadais de dix-neuf ans, naïf et timide comme une jeune fille. " — Comment diable avez-vous souffert que Tintelligence de votre fils fût ainsi mise sous le boisseau?

DERBIGNY.

J'avais mes raisons... Je ne voulais pas mécontenter ma sœur dont Isidore était l'héritier, elle lui a laissé une ferme qui vaut 200,000 fr.

LAMBERT

Ah! j'ignorais...

DEÎIBIGNY.

Et pour laquelle, par parenthèse, j'ai déjà eu bien des ennuis ; ,un procès qui n'est pas encore vidé; mai? ce qui m'iiiquiète, voyez-

vou?, c est de laisser Isidore faire son droit ici tout seul ; vous comprenez que je ne peux pas rester à Paris, moi. LAMBERT, gaiement.

Et que rÉcole de Droit ne peut pas aller à Briare!

DERBIO'V.

Bien entendu.

LAMBERT

Vous voud.'iez quelqu'un pour piloter votre fils ?

DERBIGNV.

C'est ça.

LAMBERT

Eh! ne 5ui»-je pas là, moi!

Vous rne rendrez un service d'ami !... vous qui avez de Texpérience...

LAMBERT

Je le mettrai dans la bonne voie, soyez tranquille.

DERBIGNy.

Il y est, tâchez seulement qu'il ne s'en écarte pas.

LAMBERT

Il faut qu'un homme sache un peu de tout.

DERBIG.NV.

Pas trop, pas trop, pas trop!

LAMBERT

Comptez sur moi.

DERBIGNY.

Merci, merci! i S' impaîi entant.) .Mais voyez s'il sortira de sa chambre aujoui-d"hui... (// va à la porte d'Isidore.) Isidore!... allons donc, paresseux!... Isidore !... [Isidore entre par la droite, premier plan, en étendant l-is bras et en bdillanî.) Allons donc, monsieur le dormeur 1 . , .

SGÈNS II.

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