ACTE II, SCÈNE XV. 8S
drôle que tu es!. j'ai le pouls rigide, animal 1 je suis menacé d'apoplexie? Tu ne périras que de ma main...
LAMBERT
Revenez à d'autres sentiments, songez à votre fille!
DE L-\ PIERIIE MEULIÈRE.
Mn fille... malheureuse victime!., car il va être mon gendre, le scélérat, voilà ce que vous ne savez pas.
LAMBERT, Vivement et désolé.
Comment ! il serait vrai?
DE LA PIERRE MEULIÈRE
Une affaire superbe!., j'y gagne 100,000 francs... c'est ce qui me désole.
Et vous consentez à donner votre fille à Isidore?
DE LA PIERRE MEULIERE , vivement Qvec force. Jamais! puis-je nommer mon gendre un homme qui m'a insulté?
LAMBERT, aveC JOIO.
Vous la lui refusez donc?
DE LA PIERRE MEULIERE, vivement.
Non!... Il y a un dédit... J'y perdrais 100,000 francs ; vous voyez bien que je ne peux pas.
LAMBERT , tristement.
Alors, vous la lui dormez?
DE LA PIERRE MEULIERE , aveC force.
Non!
LAMBERT
Vous espéï-ez donc que M. Deibigny vous proposera de rompre?
DE LA PIERRE MEULIÈRE
Lui!., je le connais... c'est un avare; s'il devine mon embarras, il fera comme moi... il gardera tout. Voilà pourquoi ce duel m'arrange ; et comme je suis sûr de mon coup... (// agite son fleuret.)
LAMBERT
Et si vous alliez succomber?
DE LA PIERRE MEULIERE , frappé de frojjeur. Quelle affreuse perspective, monsieur! qui est-ce qui me trouverait un gendre?
LAMBERT
Ah! quant à cela, la charmante mademoiselle Pauline..'.
Trouverait un mari, oui, mais ce ne serait pas un gendre pour moi ; car où il n'y a pas de beau-père, le gendre devient aussi chimérique que les licornes .. et les aigles à deux tètes dont les Autrichiens ont doté Ihisloire naturelle. — Non, monsieur Lambert , toutes ces considérations me décident, je ne me battrai pas 1
b6 IN DOCTEUR EN HERBE.
LAMBERT
Eafm vous voilà raisonnable.'
DE LA PIERRE MEULIÈRE
Je pars pour Hochepot incontinent! . . Faites-moi le plaisir de faire atteler la carriole. Je crois que je vais être indisposé. LAMBERT, vivement et avec joie.
A rinstant.. monsieur, à rinslant...
(// sort par le fond.)