ACTE I, SCENE VI
SAVOUREUX
LA BAVAROISE, de même.
SAVOUREUX
PITHIVIERS
Quelle est cette défroque?
SAVOUREUX, qui a fouillé dans le coffre. Attendez !.. ce n'est pas tout !.. {Il montre une lettre.)
MARIETTE
Une lettre!
Est-elle chargée ?*
SAVOUREUX, qui Va ouverte.
Rien !.. J'éprouve une transpiration peu commune !
PITHIVIERS
Lis!
SAVOUREUX, lisant.
« Mon bien cher, neveu... ( Parlé. ) C'est de mon oncle.
PITHIVIERS
Lis!
SAVOUREUX, continuant.
» Retenu chez moi par la goutte comme tu Tétais chez toi à » Paris par une entorse, il m'est impossible d'assister a ton ma- » riage avec mademoiselle Petit- vieux.
PITHIVIERS
Pithiviers.
SAVOUREUX
Il y a Petit-vieux.
PITHIVIERS
Lis!
SAVOUREUX, continuant.
» Mais je t'envoie comme gage de ma tendresse, le costume » avec lequel j'ai fait mon voyage dans la capitale, et qui m'a- » vait servi jadis à faire mes visites de noces... Je désire et t'or- )) donne au besoin de l'employer au même usage î
MARIETTE
Voilà un original !
Vieux crétin, va !.. je le ménage parce qu'il est mon parent ! » J'y joins...
La Bavaroise, Savoureux, Pithiviers, Mariette.
PITHIVIERS
Oh !.... voyons ce qu'il joint !
SAVOUREUX
» J'y joins mes vœux bien sincères pour ton bonheur ainsi
» que celui de mademoiselle Marinette.
MARIETTE
Mariette !
SAVOUREUX
» Mes respects à monsieur Petit-vieux.»
PITHIVIERS
Pithiviers !.. Pourquoi écorches tu mon nom?
SAVOUREUX
Mais c'est mon oncle.
PITHIVIERS
Non !.. c'est toi... tu le fais exprès!
MARIETTE
Certainement!.. J'étais bien sûre qu'avec votre entorse... Vous n'avez que ce que vous méritez !
Tu n'as que ce que tu mérites !
SAVOURBUX.
Ah!.. Il y a un post-scriptum.
TOUS, se rapprochant.
Voyons.
SAVOUREUX, lisant.
« Comme ce costume est tout ce que tu recevras jamais de » moi, je t'engage à le conserver pieusement...»
MARIETTE
C'est pour ça que vous m'avez fait descendre... merci... Je vais finir ma toilette. ( Elle sort. )
SAVOUREUX
Et on dit du bien de la Bretagne... Oh! fi! je méprise ses montagnes... je la méprise... de long en large...
PITHIVIERS
Ça te va bien à toi de mépriser les autres... un malotru , un paresseux, un vorace, qui passe les trois quarts du temps à taquiner les homards I
SAVOUREUX
Voilà comme vous êtes vous? voilà comme vous consolez votre gendre !
PITHIVIERS
Mon gendre !.. quel aplomb !..ça fait suer ma parole d'honneur * La Bavaroise, Savoureux, Pithiviers,