ACTE I, SCENE VIII
LA BAVAROISE
Mais c'est le petit commissionnaire du coffre!
SAVOUREUX
Du coffre !.. et tu viens peut-être chercher ton pourboire?
URSULE
Oh ! nenni! c'est que j'ai oublié de vous donner la clef!..
SAVOUREUX
Va te coucher avec ta clef !.. mauvais gamin, espion, gringalet... tu es cause que mon mariage est manqué et qu'on me flanque à la porte.
URSULE, avec joie.
Bah! c'est-il vrai?..
SAVOUREUX, le menaçant.
* Je devrais te... mais tu ne vaux pas une croquignolle... Tiens, ce nez... j'ai déjà vu ce nez-là quelque part.
URSULE, a part.
Il ne me reconnaît pas. [Haut, et lui montrant un papier attaché à la clef.) Et puis votre tante m'a dit de vous recommander de faire bien attention à sa papillote.
SAVOUREUX
Tiens !.. je croyais qu'elle n'avait plus de cheveux! Qu'est-ce qu'elle me veut encore, ma tante ? {Lisant.) « Mon cher neveu, je crains que tu ne fasses la lippe en recevant le costume de ton oncle... » [Parlé.) Elle est bonne, ma tante, avec sa lippe... [Lisant.) a Mais tu sais comme il est fantasque et je t'avertis que malgré mes observations, il a caché dans la doublure des papiers pour une valeur de cinquante mille francs... » [Parlé.) Cinquante mille !...
URSULE, à part.
Une pareille somme... maladroite !
LA BAVAROISE, quin'apas entendu.
Hein?... Quoi?...
SAVOUREUX
Cinquante mille !... ô la Bretagne I... [Criant.) Ohé !la maison! tout le monde...
SAVODREUX.
Air : Ahl que f sis content *.' Ah! que j' suis content!
J'ai mes dollars, j'ai mon trésor !
Ah 1 que j' suis content !
Savoureureux , Ursule, la Bavaroise,
Que puis-je désirer encor !
Ah.! que i' suis content!
Voilà que j' suis riche, à présenti Ah! que j' suis content I [his.) Viens, la Bavaroise, allons, A-ite, que je t'embrasse! Toi, moutard, aussi I II veut embrasser Ursule,
URSULE, le repoussant et à part.
Voyons comment ça tournera!