‹ ThéâtreChapitre 11 sur 462 · ACTE f, SCÈNE V. iZ · texte numérisé non relu

ACTE f, SCÈNE V. iZ

EUOUSSEL.

Ceci, c'est de la haute politique'.... et puis il est beau!,..

CLOTILDE

Mon Dieu! tous les maris doivent se ressembler... et pourvu que je ne sois plus seule...

DOROTHÉE

Dame! quand on est mariée... voilà l'agrément I

CLOTILDE

Et déjà, ici... près de vous... il me semble que je suis plus heureuse!...

BROISSEL.

Tu ne l'étais donc pas?.i.

CLOTILDE. '

Me voilà dans cette chambre où j'étais si tranquille... où je dormais si bien!... Et les fleurs que j'aimais! et mon miroir, ou je me trouvais si gentille'... [S'y regardant-) Tiens! je ne suis pas changée .'... et mon petit bahut où je trouvais des dragées... que vous y mettiez toujours, et que vous mangiez avec moi !...vous me gâtiez tant!. . Dieu ! il y en a encore ! AÏi ! mon père!... c'est vous. [Elle en donne a Bruussel)

BROUSSEL, mangeant des dragées.

Moi, pas du tout !... ah î bien oui, j'ai bien la tète aux dragées! CLOTILDE, à Dorothée.

Alors, c'est toi î

DOROTHÉE

Ah! ma joie va être =i courte!... puisque vous partez cette nuit !...

CLOTILDE

•Je pars !

BROISSEL. *■*

Chut donc!... je te défends de souffler mot de ce départ à personne, bavarde !

DOROTHÉE

Ah ! dame !... plus moyen de parler, depuis que vous êtes un grand homme !

BROLS.SEL, flatté.

Un grand homme!... elle a des expressions !... qui est-ce qui t'a dit que j'étais...

Oh! pardi I c'est tout le monde! Encore l'autre jour, chez l'apothicaire.

BR0LS.<iEL.

Oh! l'apothicaire me voit... en beau.

* Dorothée, Broussel, Clotildc.

*' Dorothée. Brousse), Clotilile.

14 LES NllTS BLANCHES.

DOr.OTHLK.

On disait que vous étiez le plus grand homme du :;iècie. CLOTiLDE. à son père.

Vraiincnf/... mon père 1...

BROUSSEL

Oh 1 ohl le })lu5 grand... ou exagère un peu.

DOROTHÉE

. Si ça doit vous rendre si mauvais.

BROISSEL.

.le ne suis pas mauvais, mignonne, mais que veux-tu?... les circonstances m"enirainent... Je suislepere u peuple-., mais j'ai peur démon enfant... [A Clotilde.)Vu^(ie toi... mais de ce bon peuple... un enfant terrible-., quelquefois... U ne faut pas parler de notre départ pour Moiiffort-l'Amaury. Moi, m'en aller, c'est coDime si on leur enlevait la châsse de Sainte-Geneviève.

CLOTILDE

Oh! moi, plus je m "éloignerai du couvent, plus ça me fera plaisir ... .

BROLSSEL.

Vrai!.-, je vais donner des ordres pour le départ!. -• DOROTHEE; revenant.

Moi, pour le souper... Ahl mam'zelle... si vous voulez manger de ces bonnes confitures, vous savez, elles sont là, dans votre cabinet de toilette. •-. (Elle Je montre.)

CLOTILDE

Merci, merci!...

BROLSSEL. soriant par la gauche.

Oh ! des confitures!

DOROTHÉE, le suivant.

Tiensî c"est meilleur que votre politique.... mais... un grand homme ! . . .

BROISSEL, avec une feinte modestie.

Ne m'appelle donc plus grand homme... tu sais que ça me déplaît...

DOROTHÉE

Oh ça V'j is Llitte... Jh disp:iraiiijnl.}

SCÈNZ Vî.

CLOTILDE. NAVAILLES, dans l'alcôve.

CLOTILDE, ouvrant la porte du cabinet,

OU ! oui... c'est bien cela... je retrouve tout comme je l'ai lais-

sé .. tout!... dans cette chambre que je n'espérais plus revoir...

car enfin, je voulais être religieuse.. • mais il ne Ta pas voulu, lui-'

ilm"a cliassée du couvent.-, lui î... Aii ! du moins, il ne me suivra

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