FLORINE, LA CHANOINESSE, MARIE
LA CHANOI-NESSE.
C'est vous, ma chère enfant ! je vous croyais retirée depuis longtemps. Il est plus de neuf heures, ce me semble. MARIE, contrainte.
Neuf heures! pas encore, madame, sans quoi... je ne serais pas ici.
LA CHANOINESSE
Comment, mon enfant?
MARIE, avec une naiveté forcée.
Ne sais-je pas, madame, que passé cette heure-là vous vou livrez à des exercices de piété qu'on doit se faire scrupule de troubler.
LA CHANOINESSE
C'est ma conscience, Florine, qui prend la voix de cet enfant. ( Haut.) Je suppose, -Marie, que vous connaissez en partie les tristes événements qui se sont passés ici aujourd'hui. Je serai bien aise d'avoir avec vous un entretien à ce sujet demain matin.
MARIE
Ces év^énements, madame, autant que j'en ai pu juger, n'ont fait que confirmer vos leçons. Vous m'avez appris que la perfidie
kk LA VIEILLESSE DE RICHELIEU.
est plus commune en ce monde que la loyauté, et j'ai eu occasion de le reconnaître, sans sortir d'ici.
LA CH.A.X0I.NE5SE, sévèremeut.
Vous ne m'avez pas habituée, ma fille, à un langage si discret... Cette journée vous a fatigué^, et la pâleur de vos joues excuse le trouble si singulier où paraît être votre esprit... Vous avez besoin de repos... Allez, Marie; demain nous causerons. ( Elle embrasse Marie sur le front, Florine ouvre la porte de droite.) RICHELIEU, dans la coulisse.
Je n'entrerai pas, vous dis-j«, mon bonhomme, pour rien au monde, je n'entrerai. { Il paraU avec Biaise au fond.) LES TROIS FEMMES, à demi-votx.
M. de Richelieu!